Citations

la bataille hadopi

Nouvelle moutûre de l’OPEE

Le 09 janvier 2012 par "Diderot en verres miroirs"

E

n temps de crise, les experts s’en donnent à cœur joie pour indiquer leur point de vue, forcément vrai (puisqu’ils sont experts) dans les médias. Ces propos, rabâchés à l’extrême, anxiogènes au possible, nous amènent à des ne plus trop savoir qu’en penser, et je dirais nous amènent à un renforcement( négatif cher aux comportementalistes (et aux scientologues éventuellement). L’Euro a t’il été une ânerie (Oui/Non), allons-nous vers la catastrophe (Oui/Non/Ça dépend), faut-il revenir au franc (Oui/Non/Ouhlà), autant de questions rabâchées, sans réelle réponse, car la crise de l’expertise est passée par là, et l’expert n’a qu’un seul objectif médiatique : il remplit le temps de parole, et sert son propre ego. Mais rien de plus.

Par contre, les questions demeurent, et il serait bon que, de temps en temps, on ait un peu autre chose à se mettre sous la dent : du savoir, de la connaissance, devant laquelle on peut garder une position relativiste, mais néanmoins qui accepte le dialogue et permet la réflexion, plutôt que d’induire la crispation,e le mécontentement, et une augmentation de la connerie en général. Merci donc à Michel Dévoluy et Gilbert Koenig, malgré marées et vents contraires, de continuer à écrire et diffuser le Bulletin de l’Observatoire des Politiques Économiques en Europe. de tout petits moyens, un haut parleur médiatique inexistant, une volonté vulgarisatrice souvent là (même si la technique de médiation fait souvent défaut), et des pistes de réflexion pour un avenir, sinon radieux, du moins meilleur.

Et si le progrès passait par là ?

À noter (sansblagues râle) : le site est disponiible à l’adresse http://opee.unistra.fr ! Et sans www.

À noter également : c’est une émanation de professionnels issus du Master de Communication de Strasbourg, Alsace Media Science, une entreprise dédiée à la médiation des sciences. elle fait partie du réseau Media Science, avec à l’gheure actuelle deux pôles une à l’ouest et l’autre à l’est. sans jeu de mots, non mais !

La mort du progrès (encore)

Le 26 avril 2011 par "Diderot en verres miroirs"

[wpaudio url="/wp-content/uploads/2011/04/GE-26042011.mp3" text="Souriez vous êtes informés 26-04-2011" dl="0"]

U

n billet de Guillaume Erner sur France Inter ce matin me donne envie de reprendre la plume, pour parler, encore et toujours, des raisons pour lesquelles la médiation scientifique devrait automatiquement être didactique, et quelle serait finalement son but. Guillaume Erner (je vous laisse d’abord écouter son billet d’humeur particulièrement réussi) propose une idée sociologiquement simple : les gens ne croient plus au progrès, cette notion très XIXème et XXème siècles qui serait associée à la science, à cette sorte de religion laïque (qu’il chroniquait d’ailleurs hier, deuxième son). Le progrès scientifique n’est plus. On ne peut plus croire personne, et surtout pas chez les soit-disants experts qui seraient capables de nous vendre une centrale atomique non polluante, un vaccin contre les corps aux pieds, que sais-je encore. « C’est de la sience » nous rabattent les oreilles Loreal et consorts pour nous dire que c’est bien. Sauf que … on y croit plus.
[wpaudio url="/wp-content/uploads/2011/04/GE-25042011.mp3" text="Souriez vous êtes informés 25-04-2011" dl="0"]

La doxa nous impose cette pensée : si seulement les gens étaient mieux informés, s’ils étaient capables de décrypter l’information scientifique, d’en comprendre les enjeux, les tenants et les aboutissants, si seulement une éducation populaire avait réellement lieu, alors un progrès serait-il à nouveau possible ! Le problèmes est qu’on ne s’adresse pas « bien » aux gens, ou intelligemment. La pédagogie est la seule fonction du progrès : une idée qu’on retrouve dans le second son, émouvant, pathétique peut-être …

40% des enfants sont vaccinés contre la rougeole ! On a beau expliquer comment fonctionne un vaccin, par quoi s’explique son innocuité, les problèmes que produit la bactérie responsable de la rougeole, etc… rien n’y fait, cette éducation n’a aucun effet, et on pourrait même dire qu’elle a un effet inverse de celui escompté : à force de parler et de répéter le même message, le sens s’estompe et on se retrouve avec des gens qui « savent » mais y apportent leur propre sens : dans un cadre biodynamique, le vaccin est mauvias (par exemple). Et malheureusement, le sens n’est pas prescripteur, et n’est pas non plus permanent : à force de dire que le vaccin contre la grippe A et le virus H1N1 est important, car la maladie est létale, le sens disparait dès que la maladie se révèle quasi inoffensive.

D’ailleurs, le débat scientifique, tant parmi les médecins que les immunologistes a montré cette impermanence du sens par les différents avis exprimés. Aujourd’hui, le débat autour du nucléaire montre cette même chose : ce n’est pas parce qu’on connait l’atome et ses secrets qu’on n’a pas peur de l’industrie nucléaire ou tout au moins qu’on est pour ou contre, comme si ces deux choses n’avaient rien à voir l’un avec l’autre. Comme si savoir et décider n’auraient en fait rien à voir.À nouveau, le billet de Guillaume Erner d’hier : cette religion laïque bat de l’aile. Et face à un public de plus en plus éduqué, une éducation qui permettrait la construction du sens qui permettrait à son tour l’idée d’un progrès s’avère potentiellement contre-productive.

Le fait de savoir ne laisse en rien préjuger de l’idée de choisir, ou tout au moins n’est pas une condition suffisante. En tout cas, on n’aurait pas réussi à trouver mieux, selon quelques uns de mes détracteurs qui me demandent parfois : mais qu’est-ce que tu fais, toi ? Ce à quoi je réponds : je construis un nouveau modèle, dans lequel l’éducatif et le pédagogique seraient séparés de l’idée de vulgarisation et de médiation scientifique. Un modèle dans lequel le scientifique médie tout le temps, qu’il ne fait que changer de public selon qu’il s’adresse à des collègues, à des scientiiques, à ses élèves, aux médias, au « grand public ». Qu’il n’est pas forcément sur un mode pédagogique. Et que c’est la seule solution pour pouvoir revenir à une pensée de progrès possible : un « sustainable progress », comme il y aurait un « sustainable dévelopment ».

OPEE : Un bulletin en ligne pour la vulgarisation de l’économie en europe

Le 03 août 2010 par "Diderot en verres miroirs"

Bulletin de l'observatoire des politiques économiques en europeL

a vulgarisation faite par des scientifiques est en général assez casse-gueule, on le sait bien. Casse-gueule d’un point de vue stylistique bien sur, dans un premier temps : même s’ils ont le sentiment d’avoir une écriture plus simple que lorsqu’ils rédigent pour des revues scientifiques spécialisées, ils n’arrivent pas ou avec difficulté à décrire simplement leur savoir. Ils ne possèdent pas le matériel stylistique qui leur permettrait de mieux faire comprendre les connaissances qu’ils sont en train de construire. Si on ajoute à cela une mauvaise évaluation des publics auxquels les scientifiques s’adressent, et un graphisme peu attirant, on arrive à un avis négatif : les chercheurs devraient chercher, et les vulgarisateurs vulgariser !!

Pourtant, les chercheurs n’arrivent pas à se défaire d’un sentiment d’impuissance : les vulgarisateurs ne comprennent rien à rien au champ scientifique qui est le leur. En simplifiant, les non-spécialistes dénaturent. En manquant de connaissances spécifiques, ils produisent du non-sens. Une jolie coquille, qui se fait passer pour de la science, mais vide, qui ne reflète en rien le savoir construit. Face à cette situation, et pour que l’état des découvertes soit transmis effectivement, les scientifiques prennent leurs plumes et leurs MacIntosh, et tentent de réussir – sans succès – ce que les vulgarisateurs ne font pas mieux. (Lire la suite…)

Levi-Strauss est mort, les jean’s restent

Le 04 novembre 2009 par "Diderot en verres miroirs"

Pléiade Levi-StraussJ’

espère que les aficionados de ce grand penseur ne m’en voudront pas pour ce titre qui reflète pourtant ce que l’ignare et l’inculte doivent penser de cette mort. Mais peut-on contrôler la granularité des morceaux dans la culture ?

J’entends ce matin, dans l’émission sur France-Inter, Esprit critique, Catherine Clément évoquer la mémoire de son ami Claude Levi-Strauss. Comme hier soir sur France 3. Comme avant sur Canal +. Et tous les médias plus ou moins intellos de reprendre ainsi cette voix pour vulgariser la pensée de cet homme. Bonne idée, mais … comment dirais-je … ? Pas ma tasse de thé ?

Je me rappelle mon professeur Baudoin Jurdant me dire avec son oeil pétillant : « Vulgariser les sciences humaines : mais ce n’est pas nécessaire !! ». A moi de me débrouiller avec cette formule péremptoire, de comprendre les tenants et aboutissants. J’en sais un peu moins aujourd’hui, et bizarrement, je le comprends un peu mieux. (Lire la suite…)

Espèces d’espèces

Le 11 février 2009 par "Diderot en verres miroirs"

A vos enregistreurs vidéos de tout poil !!! Un billet court pour vous signifier la re-diffusion d’un excellent docu sur la spéciation, auquel mon titre éponyme fait écho. Rire, sourire, apprendre peut-être un peu, mais avant tout changer de point de vue sur les bestioles, les plantes et les micro-organismes. Changer de point de vue sur l’évolution des espèces, sur les ornythorhinques, sur le cousinage, sur soi-même.

Et, pour une foix, s’intéresser non pas aux résultats, mais également à un métier de chercheur scientifique, j’ai nommé le systématicien : suffisamment rare pour fêter ça en sautant en l’air, comme le petit bonhomme de Télérama.

Ce docu a déja été diffusé sur France 5, et le sera à nouveau (le 18 février à 1h05 et le 23 février à 5h50). Je me rends compte en écrivant ce post que c’est peut être également du copinage, puisque le festival Pariscience lui a donné son grand prix, a juste titre !!! Et puis, voici le site du réalisateur, qui avait fait (docu que j’avais déjà vu et dont j’étais déja fan) la classification des extraterrestres. Et voici son blog. Un bouillon de culture avec de beaux morceaux de science dedans.

Comme dirait Colombo dans les ailes du Desir … « Compadre ».

Billets plus anciens »