Citations

la bataille hadopi

Etats généraux de la bioéthique

Le 19 février 2009 par "Diderot en verres miroirs"

J

e reçois aujourd’hui ce post de Philippe, militant du débat participatif dans les sciences, et qui me demande de transmettre (ce que je fais de bonne grace) :
 » Du 16 février au 23 juin 2009 se tiennent les Etats généraux de la bioéthique. Ils ont pour but de permettre aux parlementaires qui prépareront en 2010 la nouvelle version de la loi de recueillir au préalable l’avis des citoyens. De nombreux sujets seront débattus tels que l’assistance médicale à la procréation, les mères porteuses, les dons d’organes et de gamètes, l’utilisation des tests génétiques de dépistage et de prédisposition à certaines maladies…

Un site internet dédié à l’opération vous permet de vous documenter et de vous exprimer sur ces sujets : http://www.etatsgenerauxdelabioethique.fr/. »

Je ne crois pas à l’intérêt de récolter des avis dans un site Internet qui ne serviront à rien, parce que leur avis ne sera pas récolté pour but de les faire entrer dans le débat. Eventuellement, certains groupes d’opinions pourront s’en inspirer pour défendre un point de vue plus général, mais rien de plus. Je pense que, de ce point de vue, le site http://www.sciences-et-democratie.net/ dont le même Philippe s’occupe est certainement plus intéressant, puisqu’il fait construire des débats plutôt que de juste récolter des avis.

Pour s’informer plus avant, le livre « Sciences en société au XXIème siècle, autres relations autres pratiques » est en vente aux éditions « CNRS Éditions ». Un site a également déjà été mis en place : http://sciences-societe.u-strasbg.fr/documents.php. Il s’agit des actes du colloques qui a eu lieu  Strasbourg les 28 et 29 novembre 2007. J’ai déjà dit ce que je pensais d’un certain nombre d’allocutions qui ont eu lieu là bas, et d’autres beaucoup plus intéressantes. Fouillez dans le site.

Colloque science société au Kafteur à Strasbourg

Le 11 décembre 2007 par "Diderot en verres miroirs"

L

es universitaires qui travaillent sur les questions Science Société s’en paient une bien bonne tranche. Ils s’amusent et rigolent lors du colloque Science-société dont voici le programme. C’est bien cool Strasbourg pendant le marché de Noël, et puis on peut ramener des cadeaux à ses copains en rentrant à Paris (cigognes en peluche, artisanat local, schnapps, etc.).

Ca parle de choses très intéressantes de la façon la plus inintéressante qui soit. Science et société, on en parle depuis longtemps, c’est une vraie problématique qui nécessiterait des investissements humains et financiers plus importants, à diriger vers qui ? CCSTI ? Citoyens ? Scientifiques ? Quelle est la place de chacun des acteurs et, surtout, quelle est la place réelle de la science dans la société ? Je me rappelle les débats d’Arc et Senans organisés par le CNRS, c’était tellement chiant et surtout inutile. Il faudrait déjà faire quelque chose : LES FAIRE TAIRE. Or, au contraire, probabalement pour se faire mousser, ou je ne sais quoi, les locaux de l’étape (Ancori et Dreyssé) qui ne font d’ailleurs pas grand chose à propos de sciences et citoyenneté (à part quelques expérience, comme La Nuit des Chercheurs qui nous a proposé à Strasbourg de danser en patinant et d’écouter des chercheurs jouer de la musique. Quelle nuit !!

Durant la première partie on a pas vraiment parlé de pratique, hein, c’est vraiment trop chiant, le sujet est bien trop délicat pour qu’on laisse des acteurs publics s’en saisir (certains d’entre eux, comme J. Testart dont le site explique clairement ce qu’il fait, trouveront à juste titre cette critique inadaptée pour leur propos : qu’ils m’excusent ici). Faut faire rigoler la galerie, mais surtout pas faire des choses. Faut il rappeler ici le pitoyable site de Science Société, tout sauf intéressant. Même le contenu scientifique est rarement bien formulé, c’est pour dire.

Pour terminer, parce que la critique est aisée, mais se faner des heures de parlotte bien pire, et parce que vous pouvez les voir comme si vous y étiez, cette adresse diffuse les colloques et les conférences d’un peu partout en france, dont le colloque ne s’est pas déroulé au Kafteur (café concert local connu), mais au parlement !!

On peut y entendre les meilleures blagues des comiques venus pour l’occasion. Quelques perles :
- « Le cas du nucléaire est éclairant »
- « Au total dans Libé, cinq articles et une rivière de bière »
- « Avec ce titre, je peux vous emmener en bateau… ou en Vaisseau, là où je veux, et c’est d’ailleurs ce que je vais faire » : On retrouve bien là Baudouin Jurdant.
- « Il n’y a pas nécessairement lieu de conclure, sinon que je m’efforcerai d’être là demain »
- « je sais bien que les journalistes transforment tous les titres qu’on leur donne ». Comme si les journalistes étaient là pour se laisser dicter les titres.
- « A force de structurer, on arrive à des non-structures ». Avec ça, faut pas s’étonner que des gens comme Sokal / Bricmont s’engrouffrent dans des brèches bien larges.
- « le fait de penser trop peut être un handicap à la commande du commanditaire ». Je vois pas trop le rapport. Il faut penser mieux pour mieux le comprendre, certainement. Et un commanditaire commandite, il ne commande pas …
- « Le profane reste scientifiquement un profane, il n’a pas de doctorat et il n’en n’aura jamais. Le profane reste scientifiquement un profane, il n’a pas de doctorat et il n’en n’aura jamais. ». Sauf s’il fait un doctorat, auquel cas il devient un scientifique. L’assertion mérite d’être claire : profane, reste profane et fais pas chier !
- « Manifestement lorsque l’on s’est tapé des études, une ou plusieurs thèses et vingt ans de carrière en labo, on en sait peut être un peu plus que lui. » (en parlant du profane). Sur un sujet finalement très précis, celui de sa spécialisation. Et sur le reste ? Le savoir se résume t’il donc tant que ça à un savoir si pointu, tellement catégorisé, que tout le reste, et son intégration dans une pensée plus globale, plus ouverte ne serait que chiure de mouche ? Diderot doit se retourner dans sa tombe …