Citations

la bataille hadopi

Comment on publie un livre

Le 04 décembre 2009 par "Diderot en verres miroirs"

Zinoviev-les hauteurs béantes

« I

l est faux, dit le Neurasthénique, d’affirmer que chez nous, il est difficile de se faire publier. Au contraire, nous sommes obligés de nous faire éditer. C’est même chiffré. Par exemple, chaque année, je suis obligé de faire paraître cinq ou six feuilles de quarante mille caractères. Tu te rends compte, tous les deux ans, un livre. Quant à l’Institut, il est obligé de faire paraître tous les ans toute une bibliothèque de découvertes scientifiques. Et note bien qu’il nous est prescrit de publier uniquement des travaux créateurs, originaux, hautement qualifiés, qui contribuent au développement de la science d’avant-garde. Le niveau de nos travaux doit en outre s’élever tous les ans. Tout un système grandiose a été mis sur pied pour garantir ce progrès irrésistible.

Il existe une directive générale, cela va de soi, qui détermine le développement de la science pour l’étape historique donnée. Tout ce qui se fait se déroule donc dans le cadre et à la lumière de cette directive, De degré en degré, la directive s’élance vers le bas, sous la forme de toutes sortes de documents impératifs, et cela, jusqu’aux collaborateurs de base. Ceux-ci commencent à s’arracher les cheveux et à réfléchir; que pourront-ils bien planifier pour les dix années qui viennent? Les cinq années qui viennent ? Enfin, pour l’année qui vient les prendre à la gorge? Le contenu proprement dit ne joue aucun rôle dans cette planification, car, de toute façon, tout le monde continuera à faire la même chose. L’essentiel, c’est d’inventer un nouveau titre, capable de réjouir les autorités ou, du moins, de ne pas provoquer leur ire. On invente les titres à grand-peine. On les colle ensemble pour former le projet de plan du groupe, du secteur, de la section, de l’Institut. Maintenant, les projets de plan repartent vers le haut, enrichis d’un contenu concret. (Lire la suite…)

Stalker : le passeur

Le 12 août 2009 par "Diderot en verres miroirs"

« D

u bonheur pour tout le monde, gratuitement, et que personne ne reparte lésé ! ». Dernière phrase écrite par Boris et Arkadi Strougatski dans leur livre « Pique nique au bord du chemin« , plus communément nommé « Stalker« .

Je referme ce livre les larmes aux yeux, comme à chaque fois,plein de mes rêves d’adolescent, d’envies oubliées, de frustrations refoulées. Ca aurait à voir avec les sciences ? Rien n’est  plus sur. Quoique …

L’adaptation de Andrej Tarkovski, très catholique, et malgré sa beauté formelle fulgurante, m’a toujours paru incomplète, moi l’athée de base. Peut-être les auteurs me parlent-ils de scientifique à scientifique (Arcadi Strougaski est mathématicien et physicien, Boris spécialisé en langues orientales). Ils évitent tout mysticisme facile et ne recherchent qu’à raconter l’homme, son besoin de connaissances, et aussi son incomplétude face aux petites choses qu’il produit. Mais laissez-moi vos raconter … (Lire la suite…)

De la science dans la fiction

Le 17 mars 2009 par "Diderot en verres miroirs"

La science-fiction ne se lasse pas d’être une littérature de gare. Pendant très longtemps, et encore aujourd’hui, amis scientifiques, vous considérez ce sous-genre comme tel, avec une qualité littéraire toute relative, dont les sources scientifiques sont plus que douteuses, dont les idéologies peuvent être tout sauf humanistes, la liste des critiques est longue. Ce n’est pas que la science-fiction soit ennuyeuse, ce n’est pas qu’elle soit vraie ou fausse (après tout, c’est de la fiction), non : la science-fiction, ce n’est pas une littérature appréciable parce que c’est de la fiction, et qu’elle a eu l’outrecuidance de placer le terme science dans son nom. (Lire la suite…)

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