Citations

la bataille hadopi

Une mouette rieuse à l’Université de Strasbourg

Le 16 novembre 2012 par "Diderot en verres miroirs"

U

ne mouette survole a nouvelle université, propose des pistes de questionnement ma fois pertinentes vues du coté des personnels BIATSS (Bibliothécaires, Ingénieurs, Administratifs, techniciens, personnels sociaux et de santé). Je la mets en vision publique, arce que, peu où prou, ces questions se retrouvent dans toutes les Universités, et devraient même s’ouvrir à d’autres lieux démocratiques. Ne voici la citation in extenso, telle qu’elle nous a été communiquée (nous, c’est à dire les personnels enseignants de l’Université de Strasbourg).

«

La mouette rieuse N°2

Des incidents, indépendants de notre volonté, ont retardé la publication de ce numéro, nous présentons nos excuses à nos abonnés et la mouette rieuse, solidarité animale oblige tient à exprimer son soutien au nounours maltraité de toutes parts.

Puisqu’il est beaucoup question de démocratie universitaire pendant cette campagne qu’il nous soit permis d’apporter notre réflexion.

L’Université fonctionne selon un modèle de démocratie aménagée : un homme-une voix, certes, mais chacune n’a pas le même poids. En effet, presque 3000 BIATSS ne seront représentés que par trois élus. Dure est la loi mais c’est la loi !!! (Lire la suite…)

Science squattée

Le 19 mars 2012 par "Diderot en verres miroirs"

B

on, ce n’est pas une nouveauté : physique et Biologie sont deux disciplines scientifiques régulièrement squattées par des artistes pour utiliser leurs représentations, et en produire un message plus évolué … peut-être. On s’esbaudit d’ailleurs souvent sur ces positions car, du moment qu’on utilise ces représentations, on apparait tout de suite plus intelligent.

Là, c’est Bjork qui s’y colle ! Dans son clip/musique/iPhoneApp Biophilia (le nom annonce la couleur), elle raconte le ballet fou des chromosomes et de l’ADN, et leur reproduction de brin à brin, de génération en génération, de femme en femme, et au services d’une pensée Gaïaesque dont on se passe bien. Je suis un peu hors champ, là, parce qu’en fait, il ne s’agit pas de médiation des sciences, mais de travail artistique prenant pour support une médiation scientifique mal digérée ! Quant au travail artistique lui-même … Bjork a eu par le passé des idées plus lumineuses.

http://m.npr.org/news/front/147756106?page=0.

Mots clefs : ,

Diderot is back in town !

Le 20 décembre 2011 par "Diderot en verres miroirs"

A

près quelques mois de disparition, me revoici. Au bout de quelques années, j’avais envie de faire un break comme on dit, d’arrêter de tourner en rond, de n’avoir plus à trouver des sujets intéressant.

Et puis je me suis rendu compte que quelques rares mais intéressants lecteurs continuaient à lire d’anciens écrits, ou de les relire. Je me suis rappelé qu’en sciences, l’actu a toujours 20 ans. Et puis j’ai enseigné, et mes réflexions se sont enrichies (merci les étudiants !). Et puis j’ai fait de bien nouvelles choses, qui m’ont donné envie, et envie encore, de faire bouger certaines lignes, vous savez, celles qui semblent immuables. Et l’envie, jour après jour plus forte, de reprendre la plume.

Pour ceux qui auraient loupé les épisodes précédents, Diderot, c’est mon héros. Pas le symbole sage de l’Encyclopédie. Plutôt le symbole fou d’un esprit libre dans un corps sain ou pas on s’en fout, qui apprend ou donne des leçons c’est selon, tout à tour humble et mégalomane, bosseur et fainéant … Lisez Diderot dans La Pléiade, vous comprendrez … Plutôt que de suivre des indignés sérieux et humanistes, refuser la doxa et constamment en rire !

Verres miroirsEt pourquoi les Verres Miroirs, alors ? Pour faire joli ! C’est si beau de voir, en plus d’une réalité habituelle, construite, imposée, une autre 2.0 qu’on ne comprend pas encore bien. De voir d’étranges objets virtuels se surimposer à cet étrange résultat philosophique d’une dualité réalité/vérité, objets anciens ou du futur, et comme Diderot, et (Mozart avant/après lui), en rire. A gorge déployée !

http://www.cafardcosmique.com/Mozart-en-verres-miroirs

Et merci à Jean Philippe pour ses encouragements : j’aime bien le lire aussi.

Mots clefs : ,

La même chanson

Le 03 mars 2010 par "Diderot en verres miroirs"

E

h oui, depuis que je m’intéresse à cette notion qu’est la vulgarisation, j’entends toujours et encore la même chose. Laquelle ? Une version barbante et conservatrice nous en est proposée par Dominique Wolton dans le numéro n°1 du journal « Le prisme à idées ». Quelques fausses idées s’agglutinent autour d’une pensée jamais renouvelée de ce qu’est la place des scientifiques dans la société. Parmi lesquelles, on peut citer :

  • Les journalistes scientifiques sont insuffisamment là : 1/100 journalistes. On oublie trop souvent que de nombreux sujets de science sont traités par des journalistes généralistes (et parfois plutôt bien), et que les journalistes spécialisés sont la plupart du temps (et c’est particulièrement vrai pour les journalistes scientifiques) employés dans une presse spécialisée. Donc, les journalistes parlent plus de science qu’on voudrait croire, mais pas comme on aimerait. Plus loin, la description de cette médiation indique très clairement que, pour être journaliste scientifique, il faut impérativement être scientifique ou amateur de sciences. Je préférerais que la personne sache écrire sache défendre un angle : la culture scientifique est un plus.
  •  » Le mythe du scientifque isolé dans sa tour d’ivoire, et se refusant à voir les enjeux économiques et politiques de son activité est aujourd’hui inadmissible et tout simplement devenu impossible. » A t’il seulement existé ? Les scientifiques ont aujourd’hui une position ambivalente vis à vis de la vulgarisation scientifique et des médias. Ca a toujours été, et ce dès que la science populaire a existé. C’est cette pratique de la popularisation des sciences qui rend la chose ambivalente. Mais, comme le dit Wolton, le scientifique (tiens, il y aurait « un » scientifique comme il y aurait un « grand public ») a besoin de ses liens politiques et économiques. Il parait donc normal qu’il communique. Oui : ça fait même partie de son travail, figure toi !! Et je ne parle pas que de vulgarisation, mais aussi de travail vis à vis de ses collègues. La production du savoir, c’est cela aussi : construire un discours, qui peut aller du plus compliqué au plus simple, du plus spécifique au plus évident, éliminer les à coups. Voilà pourquoi la pratique de la vulgarisation est importante pour les scientifiques : ils le savent très bien. Cette pratique socialise le savoir et ramène des pépètes. Ce rapport vis à vis de la vulgarisation n’est donc pas qu’instrumental : il permet aussi au scientifique de travailler son discours, et donc de peaufiner le savoir qu’il produit : ça fait partie du métier de chercheur.
  • « Nous ne portons que très peu d’attention aux activités technologiques, alors que la France dispose  de très bons ingénieurs. C’est une erreur. » Encore un qui fait un mélange entre science et technologie, signe qu’il y connaît quelque chose !! D’autant plus que, quelques phrases plus tard, il annonce « Les élites françaises entretiennent une fascination pour les sciences dites pures, au détriment des sciences appliquées. ». Il n’y a donc pas de différence notable entre la pratique ingénieure et la pratique théorique ou expérimentale. On mélange tout. C’est d’autant plus dommageable qu’effectivement, il est plus facile de vulgariser des applications pratiques et leur réalisation que les résultats théoriques et expérimentaux dont ils découlent. J’aurais même tendance à dire que, puisqu’il est si différent de vulgariser une science appliquée et une science « dure », alors, les choses ne doivent pas être les mêmes. Mais probablement je confonds tout moi aussi.

Bon, je ne vais pas continuer comme ça, commenter ce ramassis de conneries m’est déjà assez pénible. On va oublier la description de ce qu’est un journaliste scientifique, les allers retours des scientifiques entre la sphère science et la sphère société, la place des scientifiques dans les médias, avec des lieux communs qui feraient rougir Jean-Pierre Pernod. Non, ce n’est pas bien d’instrumentaliser à l’excès les médias. Pas plus pour un scientifique que pour un autre. Dans son cas, sa position d’expert rend la matière médiatique certes plus « friable », mais c’est à la société et la démocratie de se positionner.

On ne questionne pas la difficulté du journaliste de trouver un angle pour l’appréciation de ce qui est dit par l’expert. D’autant plus quand il est généraliste. Ici, on aime le blog de Sylvestre Huet (et ses écrits dans Libé) parce qu’il sait ce qu’il fait. Et il le fait bien.Mais c’est difficile. Il faut apprendre à déboulonner l’expert, et ne plus prendre partie pour l’un ou pour l’autre. L’introduire dans notre dispositif démocratique, arriver à lui trouver une place. Ne pas le laisser à l’extérieur et lui demander son avis, lui mettre un coup de projecteur dessus si nécessaire, puis l’oublier. Ce ne sont pas les rapports des sciences avec les sociétés qu’il faudrait voir, mais plutôt l’inverse.

Et cette conclusion : « La communication est l’un des enjeux scientifiques du XXIème siècle. » Je suis soufflé.

Vous me direz : « Arrête de tirer sur les ambulances, ce n’est pas très malin, il est là, on y peut rien. » Vous avez raison bien sûr. Mais j’aimais bien sa notion de « culture moyenne » et me rendre compte aujourd’hui que ce n’est qu’un outil qui lui permet de différencier maladivement « eux » et « nous », les prolos et les aristos, le peuple et les élites, les uns et les autres … le savoir ne rend pas meilleur, la société des Lumières est une utopie inutile. Croyez moi !

Je mélange tout à nouveau …

Le comique de situation

Le 10 février 2009 par "Diderot en verres miroirs"

R

écupéré sur Canal C2, cette vidéo présentant une table ronde « Cultures et sciences en société : quel partage des savoirs ? » Manifestement, et ça m’a été confirmé par des gens qui y étaient présents, mis à par les invités de la table ronde, il n’y avait pas grand-monde dans le public. On pouvait y rencontrer le directeur du Vaisseau Laurent Schmitt et Anne Billot, responsable culturelle, deux ou trois autres personnes qui s’écoutaient parler, et c’était à peu près tout.

Les deux seules questions réellement intéressantes dans ce débat ont été :

  • pourquoi l’université de défend-elle pas une véritable politique culturelle ?
  • n’est ce pas le moment de définir à l’université de Strasbourg, au moment même de son unification, ce que pourrait être une culture scientifique, dont les mots sciences humaines, sciences de la nature et de la vie, etc. en seraient débarassés ?

(Lire la suite…)

Billets plus anciens »