Citations

la bataille hadopi

Science squattée

Le 19 mars 2012 par "Diderot en verres miroirs"

B

on, ce n’est pas une nouveauté : physique et Biologie sont deux disciplines scientifiques régulièrement squattées par des artistes pour utiliser leurs représentations, et en produire un message plus évolué … peut-être. On s’esbaudit d’ailleurs souvent sur ces positions car, du moment qu’on utilise ces représentations, on apparait tout de suite plus intelligent.

Là, c’est Bjork qui s’y colle ! Dans son clip/musique/iPhoneApp Biophilia (le nom annonce la couleur), elle raconte le ballet fou des chromosomes et de l’ADN, et leur reproduction de brin à brin, de génération en génération, de femme en femme, et au services d’une pensée Gaïaesque dont on se passe bien. Je suis un peu hors champ, là, parce qu’en fait, il ne s’agit pas de médiation des sciences, mais de travail artistique prenant pour support une médiation scientifique mal digérée ! Quant au travail artistique lui-même … Bjork a eu par le passé des idées plus lumineuses.

http://m.npr.org/news/front/147756106?page=0.

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La tête au carré squattée

Le 09 mars 2012 par "Diderot en verres miroirs"

V

ous connaissez, bien sûr, « La tête au Carré », l’émission de vulgarisation de France Inter, qui, avec « Les petits bateaux » et « Sur les épales de Darwin », et d’autres sur France Culture, font de Radio France, Radio Science. Je ne reviendrai pas sur la mauvaise idée qu’on a de constamment ajouter une majuscule au mot science, mais, avec mes potes de Dijon « Le Microscope et la Blouse » dont j’ai déjà dit tout le bien ici, ceux là ne font pas trop dans le mauvais, même parfois dans le bon je trouve, même si tout dépend en fait, des invités, qui s’apprêtent comme des poules à parler comme des experts, ou non. Dans le second cas, ça devient tout de suite plus intéressant, car le dialogue entre le journaliste et l’interviewé devient alors plus chaud et plus rond. On regrette qu’une Pascale Clark ou Rebecca Manzoni feraient de ces interviews, mais bon, ne faisons pas la fine bouche et soyons contents que déjà quelqu’un de chouette s’y colle c’est pas facile comme ça, etc.

Il n’empêche, on ne me retirera pas de l’idée que ces deux filles là ajoutent un peu de poil à gratter dans les questions, un peu de poivre dans le son, un peu de vie dans les entretiens que peu ne font, bref, ça mettrait de la culture dans le potageet ça ferait du bien à al science avec un petit s, ses petites histoires, sa vie passionnante et celle de ceux qui la font … et la vivent.

Bref, tout ça pour vous dire : en ce moment, les étudiants des Master de Communication de Strasbourg et de Parsi se font une petite joute, en produisant des modules de cinq minutes environ, qui sont diffusés tous les jeudi vers 14h50. Ca c’est cool, parce que ça met de la nouveauté dans le traitement de l’info scientifique. Bien sur, les sujets sont parfois des marronniers, ou bien quantitativement insuffisants, ou bien … Il n’empêche, que ce soit pour Paris ou Strasbourg, le ton, la production sont parfois vraiment étonnants, des idées, des façons de faire, un je ne sais quoi de différent, qui laisse présager d’une nouvelle façon de faire du média de science.

Alors bien sur, on peut se dire aussi que c’est pas si différent, que les modèles vulgarisateurs ont la vie dure, que les modèles sociologiques de Baudouin Jurdant ne sont toujours pas d’actualité. On peut râler, on peut insulter leurs profs qui ne font pas leur boulot … On peut aussi voir le verre à moitié plein, considérer qu’on doit laisser en s’enthousiasmer du travail des jeunes, espérer qu’ils fouillent ces directions avec imagination et liberté. Les vieux … ils sont trop vieux !

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Chasse en danger

Le 21 février 2012 par "Diderot en verres miroirs"

I

l y a longtemps que je ne m’étais pas fait d’ennemis … Ce petit post me permettra d’en ajouter à mon tableau … de chasse. Comme souvent, je réagis à des idées quasi reçues des médias. Aujourd’hui, la chasse aux bêtes nuisibles retient mon attention : régulièrement apprend-t-on, des sangliers ou des biches rentrent dans nos agglomérations et nos villes, et les habitants effarés trouvent des renards, des sangliers dans les rues de leur ville. La SNCF recense quelque 100 collisions entre motrices et bêtes sauvages. Les villes, pour se prémunir, rémunèrent des chasseurs dument diplômés et rémunérés afin de réguler la population animale sauvage dans son territoire, ou la SNCF elle-même aussi parfois, ou des  terrains d’aviation.

On pourrait poser quelques hypothèses pour expliciter cette recrudescence. La première, ce serait que la population sauvage animale grandit. Et, de façon tout aussi intuitive, on se dit que, vu les mauvais humains pollueurs que nous sommes, ce n’est surement pas vrai ! La population des  animaux sauvages ne peut que diminuer, et les l sont pour certaines presque mortes, comme les abeilles, ou les gentils hamsters alsaciens … Nous reparlerons de ces hamsters plus tard, mais pour l’instant, exit la surpopulation animale. (Lire la suite…)

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Venus noire homme blanc

Le 07 février 2012 par "Diderot en verres miroirs"

venus-noire-abdellatif-kechiche-affiche
V

oici un film dont j’aimerais sans aucun doute qu’il soit diffusé dans les festivals « Science et Cinéma ». Un truc incroyable, qui vous laisse pantelant émotionnellement parlant, plein de questions après le film, un film coup de poing de Abdellatif Kechiche dont je peux ici vanter l’intelligence, la sensibilité : un grand réalisateur !

Le propos de Monsieur Kechiche (Avec Que Des majuscules, j’y tiens) se situe au delà d’une vision moralisatrice de l’histoire. On pourrait pourtant, en racontant l’histoire de Saartjee Baartman, femme callipyge dotée  en sus de petites lèvres génitaux inhabituellement développés, que Cuvier appelle « Tablier Hottentot », se complaire dans l’autoflagellation culturelle et dire, contre Guéant, qu’on a pas à être fier de notre civilisation : ce serait vrai, mais très insuffisant. On pourrait faire pleurer dans les chaumières sur la honte d’appartenir à la même espèce que des hommes frustres et violents qui conduisirent, voici deux siècles, une femme qu’ils prenaient pour une presqu’animale, à la déchéance et la mort. On pourrait se flageller encore un peu plus en montrant comment la science peut être aveugle et mauvaise quand elle n’a point de confiance, et patati et patata …

Seulement voilà : ce film ne se complait pas là dedans. Il décrit plutôt les rouages de la pensée collective, de la façon dont une société construit, chez les savants et chez les ignorants, chez les riches et chez les pauvres, une image collective de la négritude. Car Saartjie Baartman (ou Sawtche) est un symbole et déclaré tel : auscultée, puis découpée après sa mort, conservée dans des bocaux, moulée, et reproduit aussi fidèlement qu’on en était capable, elle représentait la négritude du début du XIXème siècle jusqu’au milieu du XXème. Et il aura fallu attendre la fin de l’Apartheid pour que le gouvernement sud-africain réclame à la France sa dépouille, puis dix ans encore pour que cette dernière accède à cette demande. Comme s’il était si difficile de se débarrasser de ces fantômes colonisateurs et culturels. L’image de Sawtche, si elle représente la négritude vue du coté occidental, définit aussi notre culture coloniale. (Lire la suite…)

Je me numère …

Le 13 janvier 2012 par "Diderot en verres miroirs"

L

e verbe numérer (sa formule sanguine) deviendra t’il un jour pronominal ? À vrai dire, et après vérification dans le dico, il n’existe pas, seul existe énumérer ! Alors, je m’énumère, il s’énumère …

Pour une fois, je vais me laisser tenter par l’aveuglement technologique et le rêve cybernétique, propre aux geeks adeptes d’une religiosité Mac, juste histoire de voir l’effet que ça fait. Faut dire aussi, c’est assez marrant comme idée ! Avec une application iPhone / iPad et un mini-microscope, il est  aisé d’effectuer un certain nombre de numérations cellulaires très performantes … sur soi-même.

Tout d’abord, l’extension hardware ! Pour 30 euros environ , il est possible d’associer à son iPhone (dont l’optique est très bonne) une petite optique supplémentaire qui grossit l’image de 60 fois. Donc, l’iPhone devient un fantastique microscope en plus d’être tout ce qu’il est d’autre.(http://www.next51.net/Transformez-votre-iPhone-en-un-mini-microscope_a3747.html)

Ensuite, l’application ! Elle ne coute que 3 euros 99, et permet d’éeumérer pas mal de cellules très différentes. (http://itunes.apple.com/tr/app/manual-blood-cell-counter/id467279032?mt=8). Normalement, ça devrait marcher ! Alors, HackLabs et FabLabs, à vos manettes, prouvez que ça marche ! Médecins, vous imaginez le cout d’un acte de numération ? Bien sur, il faut calibrer tout cela, et faire des tests de comparaison entre les méthodes standard et ce petit truc qu’on a dans la poche. Au boulot !

Ne reste plus qu’à se saigner comme un cochon …

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