Citations

la bataille hadopi

Une révolte nécessaire

Le 30 avril 2011 par "Diderot en verres miroirs"

J

eunes scientifiques, jeunes experts, … les nouveaux prolétaires ?

La mort du progrès (encore)

Le 26 avril 2011 par "Diderot en verres miroirs"

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U

n billet de Guillaume Erner sur France Inter ce matin me donne envie de reprendre la plume, pour parler, encore et toujours, des raisons pour lesquelles la médiation scientifique devrait automatiquement être didactique, et quelle serait finalement son but. Guillaume Erner (je vous laisse d’abord écouter son billet d’humeur particulièrement réussi) propose une idée sociologiquement simple : les gens ne croient plus au progrès, cette notion très XIXème et XXème siècles qui serait associée à la science, à cette sorte de religion laïque (qu’il chroniquait d’ailleurs hier, deuxième son). Le progrès scientifique n’est plus. On ne peut plus croire personne, et surtout pas chez les soit-disants experts qui seraient capables de nous vendre une centrale atomique non polluante, un vaccin contre les corps aux pieds, que sais-je encore. « C’est de la sience » nous rabattent les oreilles Loreal et consorts pour nous dire que c’est bien. Sauf que … on y croit plus.
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La doxa nous impose cette pensée : si seulement les gens étaient mieux informés, s’ils étaient capables de décrypter l’information scientifique, d’en comprendre les enjeux, les tenants et les aboutissants, si seulement une éducation populaire avait réellement lieu, alors un progrès serait-il à nouveau possible ! Le problèmes est qu’on ne s’adresse pas « bien » aux gens, ou intelligemment. La pédagogie est la seule fonction du progrès : une idée qu’on retrouve dans le second son, émouvant, pathétique peut-être …

40% des enfants sont vaccinés contre la rougeole ! On a beau expliquer comment fonctionne un vaccin, par quoi s’explique son innocuité, les problèmes que produit la bactérie responsable de la rougeole, etc… rien n’y fait, cette éducation n’a aucun effet, et on pourrait même dire qu’elle a un effet inverse de celui escompté : à force de parler et de répéter le même message, le sens s’estompe et on se retrouve avec des gens qui « savent » mais y apportent leur propre sens : dans un cadre biodynamique, le vaccin est mauvias (par exemple). Et malheureusement, le sens n’est pas prescripteur, et n’est pas non plus permanent : à force de dire que le vaccin contre la grippe A et le virus H1N1 est important, car la maladie est létale, le sens disparait dès que la maladie se révèle quasi inoffensive.

D’ailleurs, le débat scientifique, tant parmi les médecins que les immunologistes a montré cette impermanence du sens par les différents avis exprimés. Aujourd’hui, le débat autour du nucléaire montre cette même chose : ce n’est pas parce qu’on connait l’atome et ses secrets qu’on n’a pas peur de l’industrie nucléaire ou tout au moins qu’on est pour ou contre, comme si ces deux choses n’avaient rien à voir l’un avec l’autre. Comme si savoir et décider n’auraient en fait rien à voir.À nouveau, le billet de Guillaume Erner d’hier : cette religion laïque bat de l’aile. Et face à un public de plus en plus éduqué, une éducation qui permettrait la construction du sens qui permettrait à son tour l’idée d’un progrès s’avère potentiellement contre-productive.

Le fait de savoir ne laisse en rien préjuger de l’idée de choisir, ou tout au moins n’est pas une condition suffisante. En tout cas, on n’aurait pas réussi à trouver mieux, selon quelques uns de mes détracteurs qui me demandent parfois : mais qu’est-ce que tu fais, toi ? Ce à quoi je réponds : je construis un nouveau modèle, dans lequel l’éducatif et le pédagogique seraient séparés de l’idée de vulgarisation et de médiation scientifique. Un modèle dans lequel le scientifique médie tout le temps, qu’il ne fait que changer de public selon qu’il s’adresse à des collègues, à des scientiiques, à ses élèves, aux médias, au « grand public ». Qu’il n’est pas forcément sur un mode pédagogique. Et que c’est la seule solution pour pouvoir revenir à une pensée de progrès possible : un « sustainable progress », comme il y aurait un « sustainable dévelopment ».

OVNI, ou réminiscence d’humanité(s) ?

Le 13 septembre 2010 par "Diderot en verres miroirs"

A

bonnez vous à un podcast intéressant, que vous pourrez écouter à vos heures perdues, plutôt que de faire de la chimie moléculaire à la télé, bande de fainéants, celui de l’émission de Jean-Claude AMEISEN, nommément « Sur les épaules de Darwin« . Pendant une année, Ameisen va nous faire découvrir Darwin à travers notre époque. Recherches scientifiques, mais également culture, observations animales, éthique, un panorama plus qu’instructif nous est ouvert.

Cette émission radio est surement un vrai OVNI, comme on n’en fait plus. La voix d’Ameisen peut-être trop présente parfois, mais jamais imposante, nous narre, dans le rythme et l’écriture (de la bonne) d’un récit, ce que nous sommes, nous, animaux bipèdes – dont il semblerait que la seule spécificité soit de toujours rechercher ce qui nous différencie d’une autre espèce précisément – au travers des yeux (ou plutôt, sur les épaules comme le titre l’indique) de Darwin, et des théories de l’évolution. Ballade au travers des sciences et des scientifiques, dans leurs errements, leurs réussites, leurs émotions (Jane Goodall découvrant l’utilisation d’outils chez le chimpanzé m’a tiré des larmes !).

Jean-Claude Ameisen est lui-même chercheur, ce qui explique peut être pourquoi on entend, au détours d’une phrase, la vie des chercheurs. Ce qui ne fait que confirmer une seule chose : un chercheur sachant parler n’a pas besoin d’un médiateur. Espérons tous que Jean-Claude Ameisen tienne une année entière consacrée à son émission, et qu’il arrive à l’améliorer selon ses propres goûts, et selon les miens éventuellement : on verra alors se développer un modèle original et à suivre de ce que peut être une médiation scientifique orientée vers des auditeurs non spécialistes.

Principe de précaution

Le 13 août 2010 par "Diderot en verres miroirs"

I

l y a quelques jours, j’ai entendu une émission sur France Inter qui m’a rempli de joie. Pas tellement pour ce qui était dit, mais grâce à Guillaume Erner, qui prend la science et la technologie … pour de la culture !

Le questionnement du principe de précaution était réservé jusqu’à présent aux politiques et aux experts, et on entendait ceux qui étaient contre, et ceux qui étaient pour. On peut ne pas être d’accord avec cette approche : après tout, en cloisonnant un système de pensée, on le restreint et par là, toutes les choses afférentes s’en trouvent diabolisées. Mais ya pas que du faux dans l’histoire. Entendre une véritable analyse de la situation … pour sûr, je vais lire ce livre !!! Et, comme Guillaume Erner est aussi écrivain, il parle dans son blog du principe de précaution … http://sites.radiofrance.fr/franceinter/blog/b/blog.php?id=19#p2205.

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Et la suite m’a enchanté tout autant !! Car l’expert suivant (Vincent Courtillot) raconte la controverse qui anime la communauté des tenants du réchauffement climatique, et des climato-sceptiques. Alors, bien sûr, comme Mr Courtillot est géologue et climato-sceptique, il prend part à la controverse actuelle. Plus étonnant, Guillaume Erner est un sociologue tout autant qu’un journaliste, mais lorsqu’il interviewe, on sent qu’il garde derrière la tête cette idée qu’un scientifique peut être interviewé dans le cadre d’une controverse : un cas d’école donc que Guillaume Erner nous propose.

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Le dogme contre la controverse

Le 25 avril 2010 par "Diderot en verres miroirs"

L

a tête au carré, célèbre émission de vulgarisation scientifique sur France Inter, avait lieu vendredi dernier (23 avril 2010) avait lieu au Futuroscope de Poitiers, qui héberge actuellement une exposition Science et Art. Chacun qui lit mon blog habituellement, sait mon aversion pour ce genre de thématique, cette acculturation scientifique par la proximité avec d’autres disciplines, ici l’Art. Chaque scientifique stimule bien évidemment son imaginaire par sa socialité, ses autres contacts avec le monde extérieur, ses goûts. Et il est tout aussi évident que les artistes peuvent voir dans les représentations scientifiques des pistes de création. Ce rapprochement entre l’Art et la Science a tout d’une pratique artificielle, et ne rend compte que de lieux communs et d’approximations. Bref, passons !!

Par contre, une prise de parole m’a attiré l’oreille bien plus que toutes ces comparaisons de représentations scientifiques avec des images d’art. Un des invités, Lionel Simonneau, à la fois chercheur en neurosciences et en didactique des sciences, nous offre une vision étonnante du dogme scientifique : ce dernier est très puissant, mais il empêche le chercheur d’avancer, dès lors que de nouvelles découvertes se produisent. Les controverses se produisent donc forcément contre ces dogmes.

Autrement dit, le dogme se trompe, et comme toutes les sciences évoluent forcément, parfois dans le sang (voire dans la révolution voir Kuhn pour plus de réflexions), le dogme est forcément faux, puisque c’est contre lui que de nouvelles interprétations apparaissent.

Tiens tiens … Un gars en didactique des sciences dit cela. Mais à quoi peut-bien servir ce dogme ? A précisément permettre de travailler contre lui ? Pourquoi pas, mais le dogme est quelque chose de quasi religieux. Lionel Simonneau cite en exemple dans cette interview pas très bien menée le dogme du capital fixe et définitif des cellules nerveuses à l’âge adulte, dogme qui est battu en brèche actuellement (depuis un bon nombre d’années en fait, il faut bien le dire), notamment par la découverte de cellules souches somatiques dans certaines zones du cerveau.Et, de fait, j’ai appris durant mes années de physiologie humaine ce dogme. Cette fixité religieuse qui permet à une vérité scientifique de s’imposer dans un programme d’apprentissage.

Et peut être le rôle du dogme est il précisément de pouvoir affirmer aux yeux du jeune apprenti, écolier, étudiant, que la réalité scientifique est vraie, qu’elle ne supporte aucune contradiction : les programmes scolaires dénient aux disciplines enseignées le droit de pouvoir être des représentations qui doivent pouvoir évoluer, et que c’est le rôle des scientifiques de le faire évoluer, transformer, parfois dans le sang. Un scientifique qui aura grandi, changé, et se sera débarrassé des dogmes, lui aussi …

Une petite remarque : cette photo de cellules souches somatiques n’est pas venue ici par hasard !! Bien au contraire : c’est parce une ou plusieurs personnes recherchaient ces cellules, une représentation différente de la plasticité et de la vie du cerveau, que ces images ont pu être produites. Elles n’étaient pas là par hasard, mais avaient pour but (c’est à dire pour les scientifiques qui les ont produit) de créer la polémique.

Et encore une dernière remarque pour la route : rien de tel de LA photo la plus parlante possible pour « dire » ce fait, l’exposer aux yeux de tous, lui donner l’existence d’une nouvelle vérité : le capital nerveux du cerveau n’est pas immuable. Il s’agit de trouver le support de médiation le plus fort possible. Pour qui savait lire l’image, le monde changeait : une arme redoutable. C’est là que les chercheurs voient dans leur métier des liens avec le travail artistique : changer la représentation du monde. Pour qui croit que c’est également la fonction de l’Art, pourquoi pas … Mais ce n’est pas mon cas.

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