Citations

la bataille hadopi

Temps physique, temps de l’homme

Le 27 août 2010 par "Diderot en verres miroirs"

M

erci au bon Docteur Goulu de m’avoir donné l’idée de ce post, grace à un ensemble de billets qu’il a publié sur le temps et son intervention ici sur un billet précédent. En bref, Dr Goulu raconte une histoire de la perception humaine et animale du temps. L’idée selon laquelle une pensée prospective de l’avenir correspondrait, pour l’homme, et comme le laissent penser les images RMN des zones du cerveau, à une pensée du passé, est pour le moins attirante, et peut correspondre à une pensée philosophique sur la question.

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A gauche le sujet pense au passé, à droite à l’avenir. Ou le contraire, je ne sais plus …

Le résultat IRM est amusant, mais signifie quelque chose pas du point de vue du temps, mais de celui de la biologie. En premier lieu, je rappellerai que le cerveau est un objet tridimentionnel, et en n’en montrant qu’une coupe, on ne voit en fait rien, ou pas grand chose. Donc, les techniques d’imagerie mises en place permettent de localiser des zones précises du cerveau, selon un point de vue assez réductionniste. Je remarque enfin qu’il n’y a pas d’image correspondant au présent :  si ces zones étaient allumées lorsque le sujet pense à des événements se passant dans le présent, le passé ET le futur, cette expérience ne signifierait alors rien du tout : ces zones s’allument tout le temps quand on pense, point. Il semble donc y avoir un biais dans l’expérience. (Lire la suite…)

Inventer une nouvelle science ?

Le 26 août 2010 par "Diderot en verres miroirs"

J

‘ai toujours été fasciné par ces individus qui « inventent » dans leur coin, hors contingence communautaire, de nouveaux paradigmes scientifiques. Ces individus hors normes, qui ont des idées qui initialement ne sont pas forcément fausses, se recoupent et se relisent les uns et les autres, font un amalgame des connaissances qu’ils ont pu grappiller ici ou là, possèdent en général un « gourou », et s’expriment sur un sujet très pointu.

C’est le cas de ce drôle de blog. Si le sujet est très sérieux (la possibilité de ne plus avoir besoin du temps dans les représentations scientifiques), la lecture du blog, elle, n’en rend pas compte. En effet, elle prend pour base d’un changement de paradigme un changement dans l’épistémologie elle-même. Jusqu’à preuve du contraire, si on veut changer les sciences, quitte à produire une « révolution scientifique », on ne tend pas les bras au ciel en criant à qui veut l’entendre : « Si nous ne pouvons percevoir cette immense révolution, il nous faudra d’abord changer les sciences. » C’est comme si Moïse disait  » Pour croire que ces tablettes ont été gravées par Dieu, il vous faudra d’abord voir la pierre différemment. » Sans commentaire …

Cependant, cette bande d’irréductibles … (quoi ?), avec en tête un certain monsieur Escaffre, prennent les vrais nouveaux physiciens contemporains pour Giordano Bruno et les autres pour des gardiens conservateurs de la physique, prêts à les flinguer sur place (ouh là !), tentent de faire connaître au monde cette injustice notable en vulgarisant une nouvelle discipline de … je ne sais quoi …, de la physique, de l’épistémologie, le champ lui-même n’est pas très clair.

Voici un des rôles de la vulgarisation « grand public » : se faire connaître quand on n’est rien et qu’on a des prétentions scientifiques. Oui mais voilà, si cette vulgarisation se base sur des impressions vagues, et que tout le monde perçoit ( »Après avoir pris la mesure au tournant du millénaire du fait que toute action était toujours effectuée dans un « présent insaisissable », c’est-à-dire jamais au futur ni au passé, »), sur des pans scientifiques controversiaux (le statut du temps en physique contemporaine), la vulgarisation en elle-même est beaucoup plus floue et fait plutôt penser à l’explication du fonctionnement de la boite à orgone de Wilhem Reich ou de la machine radionique (http://rr0.org/personne/r/ReichWilhelm/). Et on est donc loin de la scientificité.

A ce propos, voici un petit post très savoureux : comment dépolluer les plans d’eau comme ça a déjà été fait à Berlin … http://novusordoseclorum.discutforum.com/medecine-alternative-f18/guerison-d-une-eau-polluee-grace-a-la-radionique-t2635.htm. En attendant, rions un peu de ces peut-être-un-jour-scientifiques-mais-qui-ne-le-sont-point-encore qui oublient encore que leur rôle est de produire des représentations, et pas d’aller chercher la vérité dans la réalité …

Étrangeté et métaphore

Le 30 septembre 2009 par "Diderot en verres miroirs"

couverture Philosophie Magazine Sept 2009

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trange femme : elle n’est ni noire, ni blanche, à la fois très ancienne et très moderne, tribale, urbaine, … on pourrait en ajouter des tonnes. Aucune illustration ne pourrait mieux refléter l’article en page 20 de Philosophie Magazine de ce mois (Raphaël Enthoven, n°32) : la métaphore, en s’éloignant de la réalité, permet de surprendre, d’illustrer l’étrange d’une pensée, d’un concept. Et cette étrange vision, par son étrangeté même, de nous surprendre.

Cette étrangeté, l’auteur la définit comme se trouvant « dans l’oeil de celui qui découvre ce qu’il regarde, c’est à dire, le déshabille« . C’est dire si cet article m’interpelle : l’étrangeté est à l’origine de la recherche scientifique. C’est elle qui permet les questions : Pourquoi est-ce ainsi ? Comment est-ce ainsi ? Combien est-ce ainsi ? À tel point que Richard Feynman nomma en son temps un quark « strange » : il était étrange parce que par sa singularité, il était. C’est alors que le chercheur déshabille cette singularité : l’étrange cesse de l’être.

Vient alors une science confortable (Lire la suite…)