Citations

la bataille hadopi

Un vent de Revoluscience

Le 07 septembre 2010 par "Diderot en verres miroirs"

D

epuis que j’essaie de travailler dans le champ de la médiation scientifique, je retrouve toujours et encore les mêmes bonnes volontés, les mêmes bonnes intentions, les mêmes mots, en gros, cette religiosité républicaine qui veut que proposer au public du contenu scientifique, c’est proposer du bonheur et éduquer aux processus démocratiques de notre société. Quand j’ai entendu parler il y a maintenant quelques années du groupe TRACES et de sa volonté de produire un véritable manifeste de la communication scientifique, je suis bien sur resté dubitatif, étant un peu plus âgé, mais positivement intéressé quand même. J’ai attendu la fin de l’été que la « version finale » d’un manifeste de la communication scientifique soit écrit et produit et …

D’abord, vous pouvez lire ce manifeste à d’adresse suivante : http://www.cognition.ens.fr/traces/images/downloads/manifeste/le_manifeste_revoluscience.pdf. Remarquons qu’il est hébergé par l’ENS, et donc, appartient à la « bande » Paris-Montagne et Atomes crochus. Lesquels produisent une vulgarisation « classique » dans le sens que l’objet premier est à mi-distance entre le plaisir et l’apprentissage. J’ajouterai que, sans faire de procès d’intention, il est bien dommage de ne pas voir les noms des rédacteurs et signataires apparaître dans le site (http://revoluscience.eu), ce qui diminuerait l’impact supposé des groupes de vulgarisation qui le compose, Paris Montagne et Atomes crochus. Tel quel, on a l’impression qu’il s’agit d’un truc parisiano-parisien, qui a le besoin de faire un buzz, et d’ailleurs propose les liens pour tweeter le manifeste. Proposer une communication ouverte, c’est ne pas communiquer seul, ou tout du moins ne pas en donner l’impression.

Parlons un peu du contenu, il mérite un détour, même si, je l’ai déjà dit, je trouve cette révoluscience naviguer dans un verre à dents. (Lire la suite…)

Tables rondes

Le 09 mars 2010 par "Diderot en verres miroirs"

R

oger Frédéric est surement un pseudo de quelqu’un que je connais !! Vu ses idées et les miennes, il serait bon qu’on se rencontre, si ce n’est pas le cas. En tout cas, il m’a envoyé ce texte qu’il avait écrit à l’époque sur le site http://www.debatpublic-nano.org/.

Avis de Roger Frédéric- 67 000 Strasbourg – le 16/10/2009

Un tract m’a incité à venir au Palais des congrès hier soir pour assister à un débat public sur les nanotechnologies. Je ne savais que nous avions en France une Commission nationale du débat public (cndp). J’étais très content de savoir que notre pays s’était doté d’un tel outil « Enfin, allions-nous assister à des débats » me disais-je…

Autant le dire tout de suite, de qui se moque-t-on ?

Du public ? Cette masse informe, anonyme, forcément sous informée et surtout tellement bête qu’il faut bien lui expliquer (on dit « l’éclairer » en ce moment) avec pédagogie qu’il n’y aucune crainte à avoir des applications des progrès scientifiques. La Science saura nous sauver si un problème survient… un peu comme la pollution qui nous rend malades (par exemple : asthmatique), mais heureusement la médecine soigne nos symptômes avec des médicaments qui nous donnent des effets secondaires, que l’on soigne avec des médicaments…

Comme M. Bergougnoux, Président de la Commission particulière du débat public « Nano » nous l’a demandé hier soir, je vais faire quelques remarques qui pourront peut-être faire que les autres débats en soient vraiment.

Il faut peut-être commencer par préciser la définition du mot débat ? C’est peut-être là d’où vient le problème et non d’une volonté de ne pas faire de vrais débat.

1/ Un débat est une confrontation d’arguments contradictoires.

2/ Pour qu’il y est un débat équilibré, il est impératif d’avoir sur la scène, parmi les experts, des « pour » et des « contre ». Ainsi le public peut poser une question, par exemple « la dissémination des nanos : quels problèmes ? », et entendre les arguments de même «profondeur scientifique » des uns et des autres.

Hier soir, nous avons eu une belle réunion (très longue, 19h30- 23h30) de promotion des nanos (exceptés trois intervenants sur une vingtaine). Voici quelques paroles d’experts…

« En Alsace, nous avons 275 chercheurs et enseignants-chercheurs qui travaillent sur les nanos »

« En Alsace, la nanomédecine est tout-à-fait prometteuse »

« Les nanomatériaux datent de l’époque romaine » Je note que nous entendions exactement les mêmes arguments avec les plantes génétiquement modifiées à la fin des années 1990 « L’homme fait des OGM depuis la nuit des temps vu qu’il croise et sélectionne les plants » !!! (site web Monsanto 1998)

« Les nanotubes ne sont rien de plus que la 3e forme de carbone pur » (bah alors ça va !) « Quelque chose que vous connaissez bien, c’est votre disque dur… qui existe depuis déjà longtemps… et bien sa tête de lecture est quelques nanomètres du disque… si, si… »

Pause : L’animateur M. Bergougnoux demande à la salle s’il y a des questions… attention, vous êtes près ? « Peut-être une question ? ….. (durée réelle une nanoseconde)…… Non, Bon je passe la parole à… »

« L’avenir est le transport du médicament par nanoparticules »

« Toutes les études de surfaces sont liées à l’étude des nanos »

« On utilise des concepts trouvés par les nanotechnologies pour comprendre des choses ailleurs »

« Les perspectives de l’emploi en europe dans le domaine des nanos… « (question de l’animateur II)

« Plutôt que des risques des nanos, je préfère parler des progrès attendus en médecine que je connais mieux » !!!

« Pas de raisons, comme ça, a priori, que cela pose le moindre problème… »

Je ne dis pas que ce n’est pas intéressant, que ce n’est pas vrai, mais quel est le but de toute cette réclame ? Nous ne sommes pas venus à la Foire entendre des camelots.

La première question qui fait débat est posée à 21h40 « dissémination des nanos, REACH, fond polluant de produits chimiques… » Enfin se dit le public ! Comme d’ailleurs d’autres intervenants qui l’on fait savoir par la suite (3e table ronde). Il fallait être courageux et motivés pour poser des questions hier soir… heureusement les hôtesses étaient du coté du public…

Mais je voudrais faire remarquer que ce n’était pas nous, public, les plus mal traités. Nous étions dans de bons fauteuils, comme les experts d’ailleurs… mais je voudrais qu’on ait une petite pensée pour les gens qui sont restés assis sur des chaises pendant 4h derrière leur table sur la scène, sans dire un seul mot. Qui étaient-ils ? Des membres de la commission Nano du cndp ? Bravo à eux, la prochaine fois je crois qu’ils apporterons leur petit coussin pour ne plus avoir de courbatures aux fesses.

Par la suite, des questions de la salle ont été intéressantes…. mais il faut admettre qu’il n’était pas prévu par l’organisation de donner des réponses… « je ne sais pas si quelqu’un va pourvoir vous répondre » nous disait M. Bergougnoux-animateur DeDébats… « car on ne peut évidement pas avoir tous les spécialistes de ces questions présents ici ce soir… »

Mais des experts avec des avis contradictoires si ! Et là nous aurions eu des réponses.

Que dire de plus sinon que l’idée de saucissonner « le débat Nano » en 17 villes-étapes est lumineuse pour ne point faire de débat ! Comme l’admettait M. Bergougnoux-talentueuxAnimateurDeDébats

« C’est un peu frustrant pour le public… » Si vous voulez avoir la réponse à la question « les nanos et les crèmes bronzantes » il faudra certainement attendre Nice ou Perpignan, si on va bien étiqueter tous les produits nanos, peut-être Orléans…

A chacun sa méthode… les états généraux de la bioéthique nous ont fait croire qu’ils mettaient en place 3 vrais forums citoyens… quelle déception là aussi… mais c’est une autre histoire.

Méchants experts la suite

Le 06 mars 2010 par "Diderot en verres miroirs"

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H

ier, j’entends sur France Inter l’eurodéputée Corinne Lepage se précipiter dans la brèche du peu de foi qu’on puisse apporter aux experts européens, indiquant toutes les zones d’ombre quant à leur embauche, leur débauche (ouh la la), la clarté des informations scientifiques qu’ils délivrent. Elle soupçonne, comme beaucoup de gens, que les experts sont soumis aux lobbyings et que, en tant que tels, on ne peut leur faire confiance.

Un débat démocratique sur les experts prend forme, je vous dis …

Méchants experts !!

Le 04 mars 2010 par "Diderot en verres miroirs"

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O

n note, suite à la crise de la grippe A et des légers problèmes de l’OMS qui se sont un peu trop vus, un léger retournement dans la position du corps social vis à vis des experts. De l’expert qui sait tout et à qui on peut faire confiance, se substitue un autre beaucoup moins crédible, et à qui on demandera son CV complet en trois exemplaires, la valeur de ses émoluments, les raisons de son expertise. L’expert ne peut plus montrer patte blanche. Quelle bonne nouvelle !!!

Les sociologues des sciences à la télé

Le 10 décembre 2009 par "Diderot en verres miroirs"

L’

émission de Frédéric Taddei « Ce soir où jamais! » est régulièrement au centre de mes interrogations. D’abord parce que c’est l’heure à laquelle je regarde la télé, et ensuite parce que l’émission d’hier soir était particulièrement intéressante, pas uniquement parce que ça parlait de science, mais également à cause de la perception des scientifiques de la place sociale des sciences. Le sujet en était : Science : fait on encore des découvertes ?

Combien de fois avons-nous pu entendre comme ont pu nous le dire Catherine Bréchignac, Claudie Haigneré ou François de Closets : « Le public qui regarde l’émission ne doit pas comprendre beaucoup de choses à ce que nous racontons » en oubliant que c’est pas n’importe qui qui regarde « Ce soir ou jamais ». J’ai bien peur que ça ait été compréhensible par n’importe quelle personne installée et attentive devant son écran. D’ailleurs, Frédéric Taddei a compris le sujet et a bien mené un débat difficile, preuve qu’un journaliste pouvait s’accrocher, alors pourquoi pas vous et moi ?

C’était assez drôle, car tout le monde était d’accord (peut-être mis à part François de Closets et Claudie Haigneré qui ne donnait pas l’impression de tout comprendre, mais qu’elle m’en excuse si je me trompe). Le désaccord entre deux les deux clans de ces personnalités était de savoir de quoi on parlait quand on parlait de science ! De la socialité des sciences, des chercheurs, ou bien des découvertes et de leur merveilleux ? Comme l’expliquait Catherine Bréchignac, présidente du CNRS, la science n’est pas la sociologie des chercheurs. Vous l’aurez compris, ce blog ne défend pas cette hypothèse : la science, c’est AUSSI la socialité des chercheurs.

Pour le reste, ce débat était passionnant, beaucoup de choses ont été dites concernant la recherche et les sciences. Je vous en conseille la vision. Et puis, ça change de voir des choses acceptables dites sur les sciences à la télé aujourd’hui.

Pour une fois, le mot de la fin fut à la mesure de mes attentes : après une explication dithyrambique de Claudie Haigneré que la science devrait encore pouvoir faire rêver, et que la science fiction devrait en être le vecteur, l’auteur de science fiction présent sur le plateau (Serge Lehman) lui répondait … Je vous laisse écouter la suite !! [wpaudio url="http://scienceblog.free.fr/wp-content/uploads/2009/12/csoj091209.mp3" text="Ce soir où jamais" dl="1"]

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