Citations

la bataille hadopi

La lune dans la crise

Le 10 février 2010 par "Diderot en verres miroirs"

C

e matin sur France Inter, Pascale Clark interviewait Claudie Haigneré et Jean François Clervoy, deux astronautes européens, à venir débattre à propos des déclarations du président américain Barak Obama indiquant que le projet « Constellation » du président précédent, visant à revenir sur la Lune avant 2020, était annulé, ou tout au moins mis en veilleuse. Cet arrêt, momentané ou définitif, indique que la NASA ne doit plus se concentrer sur l’exploration spatiale, mais plutôt à participer au développement de la vie sur la Station Spatiale internationale. La Lune, Mars, on verra plus tard.

La NASA a toujours été l’objet de choix stratégiques qui variaient d’un président à l’autre. Donc, rien de nouveau sous le soleil, et à vrai dire, on se serait douté qu’en des périodes si troublées, cette économie de moyens ne soit pas décidée. Les hommes ne sont donc pas prêts de remettre le pied sur la Lune, ou même sur Mars, avant un bon bout de temps ! L’article susmentionné de Sylvestre Huet montre par ailleurs que, si le choix avait été fait de développer un lanceur qui au minimum permettrait d’aller sur la Station Spatiale Internationale, et d’aller plus loin, en association avec une autre fusée, Arès-5, une capsule habitée baptisée Orion, un module lunaire et une base lunaire, le budget qui permettait de réaliser tout ça n’était pas à la hauteur. Donc, au minimum, ce choix stratégique peut paraître complètement idiot, il n’en reste pas moins réaliste pour autant.

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Détruire une systématique

Le 09 décembre 2009 par "Diderot en verres miroirs"

Notre usine est un roman

« M

oi, j’ai eu de la chance, parce que j’ai appris un autre métier, et qui m’a plu. Je l’ai fait de 1994 à 2003 à la Collection, que l’on appelle la chimiothèque. J’ai rencontré d’autres gens, des techniciens, des chercheurs. Ca donne un autre point de vue.

Nadine – Mais c’est vraiment pas correct, ce qu’ils t’ont fait à la fin.

Gisèle – Je préfère ne pas en parler.

N. – Je peux le dire à ta place si tu veux.

G. Non, je vais le dire, même si c’est pas facile. En 2003, les gens partaient, c’était fini, les laboratoires se vidaient. Les gens étaient envoyés à Vitry ou ailleurs. Tout le monde partait. Moi je ne pouvais pas suivre parce que je soignais Maman qui était malade. Parfois, je faisais l’aller et retour dans la journée, cinquante kilomètres. J’étais en poste transféré mais j’ai refusé Vitry. Alors il m’ont prolongé un an ici pour … pour jeter la Collection, la détruire. Détruire les produits, c’était …

N. Tu veux que je raconte à ta place, Gisèle ?

G. … détruire les gens.

N. Voilà, c’est dit.

G. Je jetais du travail … des gens. Sur l’étiquette, il y avait le nom de la structure, la formule brute, la référence du cahier de laboratoire et le nom de la personne. Des gens que j’avais connus et que je mettais à la poubelle. Une nuit, j’ai rêvé que je creusais un trou et que je mettais les gens dedans. Et les gens dans mon rêve, c’était les ceux que j’avais jeté le jour même, j’avais lu leur nom et je rêvais que je les enterrais. C’était pas des tombes, c’était un grand trou …

N. Voilà …

G. Si j’avais eu un pot de départ, je considère que ça aurait été une fin correcte, avec mes collègues autour, les plus jeunes qui auraient continué ce que moi-même j’aurais continué des plus anciennes.Ça aurait été triste, mais il faut ça. Tandis que là, ils ont mis nos vies de travail à la fosse commune.

N. Sans sépulture.

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Belle de jour et anthropologue

Le 06 décembre 2009 par "Diderot en verres miroirs"

Ç

a a fait scandale en Angleterre : une chercheuse se prostitue pour gagner de l’argent et continuer son sacerdoce. Elle devient son propre sujet d’étude. Elle est interviewée dans le Guardian et raconte sa double vie aussi dans son blog. Bon, faut bien le dire, elle profite du buzz actuellement, car elle a également publié un livre de conseils : « Belle de jour’s guide to men« .

A la lecture de son blog, son travail ressemble aussi à de l’anthropologie. Elle change son sujet d’étude, mais pas son cerveau de chercheuse. La bonne ou mauvaise qualité de l’étude (je ne suis pas spécialiste du domaine), ou son sujet n’enlèvent rien à la méthodologie (et ces commentaires n’ont aucune espèce d’ironie ou de cynisme). On peut lire ici ou là que c’est un objet de scandale, une chercheuse qui parle de sa « vie nocturne ». Dans un billet de Tom Roud grâce à qui j’ai eu connaissance de cette histoire (merci Tom), on peut lire : « mais lorsque même des doctorants/docteurs se prostituent pour l’argent, peut-on dire qu’il y a vraiment quelque chose de pourri dans le monde de la recherche en particulier et dans notre société en général ? ». (Lire la suite…)

Un pas de coté

Le 18 novembre 2009 par "Diderot en verres miroirs"

M

erci au blog Galbao de nous retransmettre ces informations. Ca ne parle pas de science, mais d’appartenance à une république. Ma façon d’entrer dans le débat. J’ai été 10 jours en Guyane pour revoir mon amie Alyne, alors directrice du CCSTI de Cayenne. Un souvenir impérissable. Et j’ai découvert une région de France que je ne connaissais pas. Perfusée par l’Europe, une pauvreté incroyable, en arrivant à Cayenne j’ai découvert ce qu’étaient des bidonvilles. En France. Il y a 12 ans. Le plus beau département de France.

L’état Français se gargarise pour un débat sur l’identité française. Mais posez vous la question : suis-je français comme les Guyanais, ou même que les Martinicains ou les Guadeloupéens ? La réponse est indubitablement oui. Alors, quel est notre dénominateur commun ? Et là, tout ce qui tend à vouloir définir l’identité Française en métropole vise à nous différencier de ces départements si loin.

La Guyane est perfusée par des subventions européennes, et les guyanais rigolent en disant « nous sommes européens »: ya de quoi rire effectivement. Et là, la recherche et le développement jouent un rôle, car les entreprises de recherche publique et privées utilisent la forêt et le territoire (biodiversité etc.) et en échange, une partie de l’argent va pour les populations, et comme la corruption est endémique, la perfusion va dans les mêmes poches. On pourrait dire d’un certain point de vue que le monde de la recherche participe à cet état de fait, en lançant Ariane 5, en cherchant de nouvelles espèces végétales pour la production de nouveaux médicaments.

L’orpaillage clandestin, une des nombreuses facettes de cet état de fait. Des Brésiliens ou Suriname en train de creuser la terre au milieu de la forêt pour trouver de l’or. Discret, efficace nous montre ce reportage sauvage. Et si cet or profitait plutôt aux populations, c’est leur richesse après tout. Mais me voilà à nouveau à rêver…

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Il y a là la schizophrénie

Le 08 novembre 2009 par "Diderot en verres miroirs"

V

anessa Paradis nous rabâche en ce moment sur les radios sa dernière ritournelle écrite par Gaëtan Roussel. Parce que la miss Paradis a un sens très sur d’aller chercher ce qui lui colle comme un gant, et de le mettre en valeur, la ritournelle ronronne doucement et s’impose, parfois jusqu’au sommeil.

J’ai fini par aller lire les paroles et j’ai mieux compris : http://www.paroles2chansons.com/paroles-vanessa-paradis-il-y-a-553-67372.html.

Le réalisme contre le rêve, le cartésianisme contre la littérature, l’objectivisation contre la chanson, etc. Va te faire foutre Gaëtan, je lis et puis j’écris, et j’objective et je chante et je rêve moi aussi, et je fais tout à la fois. Et cette distinction, je ne la vois pas. Si tu veux te laisser enfermer parce qu’on t’a appris, tout petit, à distinguer les lettres et les nombres, la science et le rêve, comme les deux faces des émotions, rires et larmes, si tu acceptes cet enfermement, eh bien tant pis pour toi. Je vais te le dire simple : le conservateur, c’est toi !

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