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la bataille hadopi

Un vent de Revoluscience

Le 07 septembre 2010 par "Diderot en verres miroirs"

D

epuis que j’essaie de travailler dans le champ de la médiation scientifique, je retrouve toujours et encore les mêmes bonnes volontés, les mêmes bonnes intentions, les mêmes mots, en gros, cette religiosité républicaine qui veut que proposer au public du contenu scientifique, c’est proposer du bonheur et éduquer aux processus démocratiques de notre société. Quand j’ai entendu parler il y a maintenant quelques années du groupe TRACES et de sa volonté de produire un véritable manifeste de la communication scientifique, je suis bien sur resté dubitatif, étant un peu plus âgé, mais positivement intéressé quand même. J’ai attendu la fin de l’été que la « version finale » d’un manifeste de la communication scientifique soit écrit et produit et …

D’abord, vous pouvez lire ce manifeste à d’adresse suivante : http://www.cognition.ens.fr/traces/images/downloads/manifeste/le_manifeste_revoluscience.pdf. Remarquons qu’il est hébergé par l’ENS, et donc, appartient à la « bande » Paris-Montagne et Atomes crochus. Lesquels produisent une vulgarisation « classique » dans le sens que l’objet premier est à mi-distance entre le plaisir et l’apprentissage. J’ajouterai que, sans faire de procès d’intention, il est bien dommage de ne pas voir les noms des rédacteurs et signataires apparaître dans le site (http://revoluscience.eu), ce qui diminuerait l’impact supposé des groupes de vulgarisation qui le compose, Paris Montagne et Atomes crochus. Tel quel, on a l’impression qu’il s’agit d’un truc parisiano-parisien, qui a le besoin de faire un buzz, et d’ailleurs propose les liens pour tweeter le manifeste. Proposer une communication ouverte, c’est ne pas communiquer seul, ou tout du moins ne pas en donner l’impression.

Parlons un peu du contenu, il mérite un détour, même si, je l’ai déjà dit, je trouve cette révoluscience naviguer dans un verre à dents. On y parle du public, de son respect (depuis quand les communiquants affirment ne pas respecter les publics de leurs messages ? Ce serait entièrement contre-productif), des relations entre démocratie et science (il y en a un, mais je ne pense pas que médier les sciences apporte quoi que ce soit à l’apprentissage de la démocratie), j’en passe des discours consensuels. « Pour une médiation scientifique qui propose, sans l’imposer, une vision scientifique du réel laissant la place à d’autres rapports au monde. » C’est gentillet, et c’est vrai qu’on en a besoin. Une question reste : comment se fait-il qu’on y avait pas pensé avant ? Déjà qu’il y a plusieurs versions scientifiques du réel …

Ce qui m’a principalement gêné : l’absence du scientifique dans ce texte, ou plutôt sa présence négative. Page 5, on peut lire (et je site in extenso) :

«  Proposition 2. Pour une médiation scientifique non autoritaire qui dialogue avec d’autres manières de penser le monde, qui sache valoriser les « savoirs profanes » et qui respecte les croyances populaires.

Quoi de plus sympathique qu’un scientifique cherchant à partager ses connaissances, si élégantes et si opératoires pour penser une question théorique ou pratique, pour comprendre le monde ? Mais quoi de plus insupportable que cette volonté de partage lorsqu’elle se mue en prosélytisme, en affirmations péremptoires, en moqueries face aux tours de mains du cuisinier, aux remèdes de grand‐mère, aux opinions anti‐OGM ou pro‐phytothérapie, voire à ce qui touche à de véritables mode de vie (homéopathie, bio, acupuncture…) ?

Chaque individu se construit sa vision de monde avec ce qu’il lui est donné d’entendre et de voir, en conformité avec ses valeurs (ce à quoi il tient) et ses croyances (humanistes, religieuses ou superstitieuses). La connaissance scientifique, au milieu de cet enchevêtrement de représentations, peut lui être utile pour corriger ses idées reçues, compléter ou affiner son jugement, réviser une valeur ou déconstruire une croyance. Mais ce processus est lent, difficile, douloureux parfois. Car ces représentations sont les principaux outils dont il dispose pour comprendre le monde dans lequel il vit.

Il revient donc au médiateur scientifique d’en prendre soin et de les respecter, pour donner à son interlocuteur la possibilité de les modifier de lui‐même, mais également de s’y appuyer pour l’accompagner plus loin. Voire de considérer de quelle manière et dans quelles conditions elles permettent, elles‐aussi, de se mouvoir dans le monde incertain qui est le nôtre. »

Je déduis de l’analyse de ce discours que le scientifique est prosélyte, imbu de son savoir, qu’il s’inscrit forcément contre la vision peut être fausse mais plutôt sympa de son public. Par contre, le médiateur scientifique, c’est le gars bien qui, en troisième homme, fait passer la pilule difficile, respecte le client, l’accompagne. Mais pas le chercheur, non …

Vous l’aurez sûrement compris, je m’inscris dans les lignes de ce blog en faux complet de ce fameux Révoluscience, et ce pour au moins deux raisons qui me semblent fondamentales :

  • Le chercheur est l’auteur du discours scientifique, et tant qu’on ne parlera pas de là, on ne pourra pas fait grand chose. D’un point de vue très classique des théories de la communication façon Info (de InfoCom), c’est l’émetteur. Il importe donc d’autant plus que ce chercheur puisse communiquer son savoir, celui qu’il a construit. Le médiateur, s’il respecte le savoir qu’il transmet, et le public qu’il rencontre, n’en reste pas moins un médiateur. C’est à dire qu’il ne traduit pas, qu’il ne reproduit pas, qu’il n’est pas, en bref, le « troisième homme », expression qu’on entend encore trop souvent. Il accompagne le chercheur, il ne s’y substitue pas.

Une petite digression : sur les listes de diffusion professionnelles, on voit bien trop souvent qu’une structure X ou Y recherche un ou plusieurs animateurs scientifique(s) pour quelques heures par semaine. Payés en général au lance-pierre. Eh les gars, avant de respecter le public, respectez vos médiateurs : à quelle charte obéiront-ils tant qu’ils seront ainsi payés ? Par contre, les gens formés avec un bac + 5 à la communication scientifique ne sont pas du tout dans les mêmes champs d’intervention, ils sont chargés de comm, journalistes, vidéastes, directeurs de structures. Bref, ils accompagnent les chercheurs dans leurs efforts de médiation. L’expérience montre que ça fonctionne, bien mieux qu’un travail de vulgarisation, même révolusciencé.

  • Le discours « grand public » des scientifiques n’a que quelques différences minimes avec la grande majorité de la communication que doit produire, jour après jour, le chercheur. Après tout, on peut considérer que, entre les papiers que le scientifique doit écrire, les posters qu’il doit créer, les présentations orales qu’il présente devant ses pairs, en cercle restreint d’abord puis plus largement à des colloques ou des conférences ensuite, sans compter les dossiers décrivant ses travaux et son parcours, qu’il remplit consciencieusement pour sa structure de tutelle (université, cnrs, inra, etc.), il communique déjà beaucoup. La médiation scientifique, c’est tout cet ensemble, peut-être disparate, mais dont les émetteurs sont les producteurs du savoir eux-mêmes. Et ce qui est appelé médiation scientifique par le collectif revoluscience ne représente qu’une toute petite partie de ce dont on parle en sciences.

La seule et vraie révoluscience sera celle qui traitera de la communication scientifique vers un public élargi comme d’une part de la communication scientifique dans son ensemble. Elle seule verra comment le chercheur peut prendre en main sa communication. Les personnes spécialisées en communication participeront alors à la communication scientifique à leur place, en accompagnants, voire en formateurs à la communication. Ils participeront à la construction du message, sans pour autant en soustraire cet emmerdeur, cet empêcheur de tourner en rond, que représente pour l’instant le scientifique face au médiateur acteur.

J’espère que cette parole, en opposition avec ces idées que je ne trouve pas révolutionnaire, pourra être diffusée dans cette communauté, pourquoi pas lors du colloque prévu en 2011.

31 commentaires »

  1. Et bien on dirait que ce manifeste commence à nourrir les blogs et la réflexion. Déjà, je trouve que c’est pas mal.
    Je comprend assez bien le ‘billet d’humeur’, mais c’est vrai que le terme ‘médiation scientifique’ est compliqué à utiliser. De qui parle-t-on ? Des chercheurs qui pratiquent une médiation vers un ‘grand-public’ parmi les multiples formes de communication de la science qu’ils sont ammenés à faire? Des journalistes, animateurs, guides, etc. scientifiques ? Et qui parle au nom de qui? Pas évident de prendre la parole, si l’on n’est pas chercheur soi-même, au nom de ceux qui produisent les savoirs scientifiques. Il serait malvenu (enfin je trouve), pour les intermédiaires/facilitateurs/accompagnants (au choix) de définir ce que doit être une médiation scientifique de ‘chercheur’ à leur place.
    Quels sont les liens, les actions et interractions des uns et des autres?
    Effectivement, la question reste ouverte.

    Commentaire par Malvina — 8 septembre 2010 @ 14:17

  2. Une « bande Atomes Crochus » assez sympa tout de même pour autoriser que scienceblog, si critique à l’égard de ses pratiques, puisse utiliser son travail dans son bandeau de présentation !

    Commentaire par Richard-Emmanuel Eastes — 8 septembre 2010 @ 14:46

  3. Bonjour,

    Je suis moi-même partisant à 200% du concept de 3ème homme ! L’objectif des chercheurs est pour moi de produire du savoir et cette production passe par beaucoup de communication. Mais ces communications ont un objectif clair et partagé : diffuser une connaissance pour qu’elle puisse être validée ou invalidée puis réutilisée dans une nouvelle étape de production. Cet objectif codifie énormement la communication scientifique aux pairs. Ensuite le chercheur peut être amené à communiquer pour d’autres raisons : demande de budget, culture scientifique, … Les objectifs sont là complètement différents, les formes également, … bref rien à voir ! Tellement rien à voir que les savoirs-faires à mobiliser sont eux aussi très différents (d’où les troisièmes hommes qui peuevtn être des communicants, des cultureux, des animateurs, …).

    Pour être plus prêt de votre billet : vous définissez comme un ensemble toutes les communications faites par le chercheur. Vous donnez un nom à cet ensemble : la médiation scientifique. On en déduit que les « médiateurs-3ème homme » ne travaillent que sur une toute petite partie de la médiation scientifique. Cette conclusion ne tient qu’à la définition « arbitraire » de l’ensemble englobant : médiation scientifique.

    Pour ma part et du fait de mon expérience professionnelle et personnelle, mon ensemble de prédilection est la culture scientifique. Toujours de part mon parcours, je l’intègre à un ensemble plus global qu’est la culture. Dans cette structure, c’est la communication du chercheur à un « grand public » qui est un sous-sous-…-ensemble. Et encore, vu ma « definition personnelle » des objectifs du chercheurs, il est là plus dans une fonction de médiateur que de chercheur.

    Pour finir, j’ai moi-même pas mal réagit à ce chapitre du manifeste (voir le billet sur Vulgaris) concernant les publics mais sur une toute autre question ! Comme quoi ce manifeste à au moins le mérite de forcer la discussion et l’échange d’idée.

    Cordialement
    Thomas Schumpp

    PS.: sur Vulgaris, il m’est arrivé de « jouer » un petit peu avec ces idées d’ensemble dans lequel « enfermer » la médiation scientifique, allez y jeter un coup d’oeil, cela devrait vous faire réagir !

    Commentaire par Thomas Schumpp — 9 septembre 2010 @ 9:51

  4. Cool, j’ch’fais l’buzz !! Bientôt un chat qui tombe d’une chaise (sur ses pattes ?). Je suis d’une journée à ne pas être trop sérieux, alors, gardez le sourire.
    Pour moi, la vulgarisation n’est pas la troisième roue du carosse pour un chercheur. Au contraire !! Thomas, quand tu dis vouloir séparer la communication « entre chercheurs des autres médiations, qui « ne » seraient là qu’à titre administratif, ou pour aller chercher des sous, ou pour … vulgariser le savoir qu’il produit, ça me pose un problème. Car je pense au contraire que si le chercheur communique beaucoup, c’est précisément qu’il doit, et toujours pour les mêmes raisons (la pérennité de son moyen de subsistance), convaincre, et convaincre encore, et toujours.

    • Il doit convaincre ses pairs que ce qu’il dit est juste pour pouvoir avancer dans ses travaux, et que ses idées avancent
    • Il doit convaincre les structures dont il dépend pour pouvoir prouver que sa recherche a une reconnaissance internationale pour lui et donc lesdites structure, ce qui lui permet d’avoir des subventions, des thésards, des post-docs, etc. … ce qui lui permet d’avancer dans ses travaux et de faire avancer ses idées
    • Il doit convaincre ses partenaires
      • dans le cadre de recherche fondamentale, pour pouvoir mutualiser infrastructures, moyens techniques, etc.
      • dans le cadre de recherches appliquées pour voir ses idées prendre une forme matérielle (ce qui les valide d’une certaine façon),

      ce qui lui permet d’ajouter une valeur économique, ce qui lui ce qui lui permet d’avancer dans ses travaux et de faire avancer ses idées

    • en vulgarisation scientifique enfin, pour convaincre le corps social de la véracité de ses propos, pour promouvoir ses idées, afin que le corps social, en, y adhérant, valide auprès de la société démocratique qui l’emploie les subsides qu’il reçoit, ce qui lui permet d’avancer dans ses travaux et de faire avancer ses idées

    Voilà pourquoi je ne sépare pas ces différentes formes de communication : elles servent les mêmes intérêts, et si la forme du discours change ou si les publics sont différents, son contenu ne varie pas beaucoup.
    Vala.

    Commentaire par Diderot en verres miroirs — 9 septembre 2010 @ 10:39

  5. Sinon, très d’accord avec toi Thomas sur ton article dans Vulgaris : d’ailleurs, les structures muséales ne semblent pas trop jouer avec ce genre de confusion. Et même si je peux avoir, à titre personnel, une ouverture d’esprit avec certaines pratiques pas du tout scientifiques, et qui en réclament le statut (c’est pas à moi de décider, et pour le moment, ce n’en sont pas), elles n’ont aucune place dans le champ de la vulgarisation, ou même dans une discussion, un respect, etc. J’ajouterai que, moi aussi, je trouve cette attitude de respect condescendante. Il faudrait mieux tenter d’aborder la question de la scientificité elle-même (comment elle se décide, comment elle est acquise, etc.) de façon non condescendante avec les publics.

    Commentaire par Diderot en verres miroirs — 9 septembre 2010 @ 10:49

  6. Richard-Emmanuel, si tu veux que je change le visuel, je le fais dans la minute. Mais en confondant le manifeste avec atomes-crochus, alors que tu défends l’idée que ce sont pas les mêmes personnes, tu impliques qu’en fait, c’est le cas.
    La photo de bandeau est de Stephane Querbes. Sinon, et au fait, j’ai fini par trouver les rédacteurs du manifeste : http://revoluscience.eu/?page_id=993.

    Commentaire par Diderot en verres miroirs — 9 septembre 2010 @ 10:57

  7. Et encore une réponse :) . Pour Malvina cette fois ci. je comprends ta difficulté à vouloir discuter en lieu et place des chercheurs. Je la comprends plutôt.
    Cependant, si les chercheurs apprennent avec leurs pairs à communiquer pour les publics « frères », ils ont beaucoup plus de mal à construire une communication hors champ scientifique. Et là, les gens formés à la communication scientifique, et qui sont d’une grande aide pour cette facilitation de la médiation scientifique vers les publics hors spécialistes sont là. On a des gens qui construisent et accompagnent vers la presse, vers les animations pour les jeunes, vers la création visuelle (documentaire et fiction audiovisuelles), voire vers les débats sociétaux. Ils ne construisent pas le discours, et si, dans leur réécriture des savoirs, ce qu’ils disent est faux, alors les chercheurs sont là pour valider ou pas. Pour les publics, ils n’existent pas. Ce ne sont pas des médiateurs, ce sont des producteurs de média. Les seuls médiateurs restent les chercheurs.
    Par contre, ce sont les « communiquants » qui, de par leur fonction, agissent sur les formes des médias et des médiations produit(e)s. Alors, c’est bien aux chercheurs et avec les chercheurs qu’il faut adresser et écrire un manifeste.

    Commentaire par Diderot en verres miroirs — 9 septembre 2010 @ 14:09

  8. Je crois qu’une précision s’impose. Le manifeste dont nous parlons est lancé par un collectif de trois associations : le groupe traces qui le pilote, Les Atomes Crochus et Paris-Montagne. Il n’est fait mystère pour personne que ces trois associations sont très liées les unes aux autres (elles partagent certains fondateurs et des valeurs communes, sont indépendantes mais domiciliées à l’ENS) : leurs logos figurent en page d’accueil et les textes de présentation du Collectif Révoluscience précisent très largement l’origine et les motivations des signataires.
    Nous avons conçu ce manifeste comme le point de départ d’une réflexion générale et il est appelé à évoluer ; c’est pourquoi nous ne proposons pas de le signer mais simplement de soutenir l’initiative. Lorsque grâce aux contributions des internautes, et suite au colloque, nous aurons abouti à une version satisfaisante, alors seulement nous proposerons de le signer et nous appellerons d’autres structures à rejoindre notre collectif.
    Tout est donc très transparent, nous assumons notre origine autant que nous revendiquons notre ouverture, et je ne vois vraiment pas où il y a matière à polémique.
    Tout cela est écrit sur le site du manifeste, mais peut-être tout le monde n’a-t-il pas tout lu…

    Commentaire par Richard-Emmanuel Eastes — 9 septembre 2010 @ 18:21

  9. @ Diderot en verres miroirs.
    Liste des soutiens : 1 clic depuis la page d’accueil
    Liste des rédacteurs : 1 clic de plus
    ;-)

    Commentaire par Richard-Emmanuel Eastes — 9 septembre 2010 @ 18:47

  10. C’est ce que je dis toujours à mes clients : partez du principe que tous les visiteurs de votre site sont des crétins. Mâchez-leur le travail !

    Commentaire par Diderot en verres miroirs — 10 septembre 2010 @ 8:43

  11. Pour des gens hors de Paris, ou qui ne sont pas dans le réseau Vulgarisation, ou Café des Sciences, il n’y a aucune évidence à cela. Donc merci pour cette précision.

    Commentaire par Diderot en verres miroirs — 10 septembre 2010 @ 8:45

  12. Richard-Emmanuel m’envoie ce commentaire de Melodie « Le seul truc que je ne comprends pas c’est cette manie de se positionner contre avant même de savoir si on parle bien des mêmes choses. Tout ne me semble pas incompatible, loin de là. D’où la nécessité de se comprendre avant de s’opposer… bon mais je fais peut-être encore preuve de « bonnes intentions ».
    Bref, j’aimerais d’ailleurs bien savoir qui sait qui fait « scienceblog », parce qu’en parlant de communication ouverte, je n’arrive pas à trouver les crédits du blog…
     »
    Concernant ce second point, j’ai écrit un billet « Les raisons d’un anonymat« .
    Concernant le premier point, je ne suis pas contre, je trouve juste que pour l’instant, ce manifeste est mou et ne sert pas à grand chose. Dans le texte même, d’un point de vue communicationnel, on relève des contradictions fortes dans les intérêts, dans la façon dont les chercheurs, les médiateurs, les structures d’accueil, les publics, sont perçus. Or, dans un modèle communicationnel « standard », ce sont les éléments qui caractérisent une communication. Et, pour ma part, si on veut modifier les choses pour améliorer une communication quelle qu’elle soit, on doit se poser des questions, pas sur le message, mais sur les différents éléments qui caractérisent cette communication. Par exemple, le coup de cet antagonisme chercheurs/médiateurs mal exprimé dans le texte montre bien ces ambiguïtés. Donc, il est nécessaire de définir au propre des choses avant de discuter. Chère Melodie, je regarde juste 25 ans d’inopérabilité de la vulgarisation, et pour ma part, elle a des racines bien plus profondes que juste les problèmes énoncés dans le manifeste. Et là aussi, on peut en discuter …

    Commentaire par Diderot en verres miroirs — 13 septembre 2010 @ 10:50

  13. Enfin du constructif… ;-)

    Commentaire par Richard-Emmanuel Eastes — 13 septembre 2010 @ 22:48

  14. [...] les savoirs profanes, croiser les regards, … Des grands mots pour des grands soucis ?Un vent de RevoluscienceEt si les chercheurs devenaient réflexifs [...]

    Ping par Manifeste Révoluscience #2 [fr] | Coffee and Sci(ence) — 19 septembre 2010 @ 14:29

  15. Analyse Classieuse. A lire absolument. Cette réponse émane certes d’un échantillon qu’on peut croire représentatif (n’oublions pas que nous publions dans des blogs).Quelques points sur lesquels je ne suis pas d’accord (notamment la perception sociale des sciences par les scientifiques eux mêmes qui n’ont comme rasoir d’occam que la réalité, mais bon je suis fait ainsi, je n’y crois pas, l’activité scientifique est humaine, la réalité est en soi une représentation humaine, je vais pas philosopher, mais .. voilà), mais ta lecture vaut le coup, franchement : j’aurais pas fait mieux.
    Concernant la portée politique plus particulièrement, il y a des choses à ajouter. selon Baudoin Jurdant, auteur qui a peu écrit, et c’est dommage, la raison même de la vulgarisation est la possibilité pour le scientifique de convaincre le « grand public » (qui n’existe pas comme tu l’as prouvé) de la véracité de ses dires. Pour le public non spécialiste, peu importe que la production de savoir corresponde à la réalité (après tout, peut-il tester en direct la possibilité même de l’existence d’un gluon ?), l’important est qu’il en soit convaincu. L’objectif d’une vulgarisation n’est pas de dire ce qu’est la réalité, mais de convaincre de la prégnance de cette réalité.
    Tu parles de Arnhart pour la théorie de l’évolution, mais d’autres aussi comme Thompson (Kelvin) ont controversé longtemps sur l’âge de la terre avec Darwin. L’âge de la terre a été depuis quelque peu augmenté, et il ne m’appartient pas aujourd’hui de décider si ça correspond à la réalité ou non. Je peux juste dire que le consensus scientifique actuel répond de cette façon, que cette réalité a évolué. Le but de la vulgarisation est de convaincre que l’âge de la terre est de 4.5 milliards d’années, de 123 millons d’année, etc. et de convaincre suffisamment de public pour que ce choix consensuel (ou non) des scientifiques soit accepté par la population non experte.
    En soi, la vulgarisation est donc pour les scientifiques un geste politique qui permet de trouver subsides etc. : Arnhart vulgarisait contre Darwin. La vulgarisation est un des terrains politiques du débat scientifique.
    Faire abstraction de ceci, c’est accepter cet état de fait. Faire un révoluscience sans définir la médiation scientifique, sans définir les publics, et sans tenir compte de la dimension politique de la vulgarisation, alors que plusieurs signataires du manifeste ont eux-mêmes une formation scientifique de haut niveau … je reste perplexe.

    Commentaire par Diderot en verres miroirs — 19 septembre 2010 @ 18:54

  16. Salut,
    Merci pour le compliment.

    Une précision pour la réalité (que je vais répercuter sur mon post). Je fais allusion à des cas où l’observation contredit un modèle de façon flagrante, où l’assertion n’est pas soutenue par les résultats présents dans la référence donnée, où le wishfull thinking pousse à des conclusions qui sont contredites par des données publiées par ailleurs. Je n’allais pas vers la Réalité avec son majuscule, mais la réalité quotidienne du scientifique.

    Une deuxième pour Larry Arnhart. C’est un darwiniste connu, et il n’y a pas longtemps il a fait un éclat (ou caca nerveux, selon les sensibilités) parce qu’il n’y a pas grand monde qui est d’accord avec lui; que le darwinisme soutient *son* idéologie politique en particulier. Du genre « Jacques a dit… », mais avec « Charles a dit… ».
    M’est avis que sa réputation ne s’en remettra pas.

    Au sujet de mon échantillon :
    Le 3D est composé de 31 personnes, dont moi. Tous docteurs (troisième cycle, y compris pour le toubib et le dentiste). Nous sommes deux en milieu académique et tous les deux contractuels. Dispersés en 9 pays, 7 européens, USA et Australie.
    Le grand public, sont des amis, avec maximum un bac (ou equivalent). Les gens de mon quartier essentiellement.

    Commentaire par Oldcola — 20 septembre 2010 @ 20:29

  17. Désolé pour Arnhart que je ne connais pas … La tehon !
    Par contre, c’est intéressant ce que tu racontes. T’aurais un lien ?

    Commentaire par Diderot en verres miroirs — 21 septembre 2010 @ 10:17

  18. Oui, bien sûr.

    Le post à l’origine de la discussion/échange que j’évoque est là : Darwinian Liberalism.
    La réponse de PZ Myers, qui a enclenché la discussion à laquelle j’ai été impliquée, est là : Evolution is far freer than classical liberalism.
    La réaction de Arnhart a été PZ Myers, Creationist (ce qui est plutôt amusant quand on connait Myers) et après certains commentaires PZ Myers, Moralist.
    Je me suis désintéressé de son cas quand il a commencé à ôter les backlinks qui ne lui étaient pas favorables, y compris celui de PZ Myers : Rarely have I been so thoroughly misconstrued

    Je pense que ça fait le tour de l’épisode.

    Commentaire par Oldcola — 21 septembre 2010 @ 19:18

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    Rétrolien par bobby — 26 août 2014 @ 10:39

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    Rétrolien par Roy — 29 novembre 2014 @ 5:05

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    Rétrolien par Trevor — 30 novembre 2014 @ 5:43

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    Rétrolien par Kirk — 18 décembre 2014 @ 16:04

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    Rétrolien par Thomas — 18 décembre 2014 @ 16:37

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    Rétrolien par ronnie — 18 décembre 2014 @ 17:42

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    Rétrolien par Luke — 25 décembre 2014 @ 16:47

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    Rétrolien par Sam — 19 janvier 2015 @ 17:05

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    Rétrolien par ronnie — 21 janvier 2015 @ 1:16

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    Rétrolien par Morris — 29 janvier 2015 @ 1:07

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