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la bataille hadopi

Un débat

Le 21 octobre 2009 par "Diderot en verres miroirs"

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L

es probiotiques, en cette saison, c’est génial pour garder la forme. Mon gamin aime ça : c’est flatteur au goût, c’est liquide, et puis c’est une petite quantité, c’est une sorte de « bonbon yaourt » : bref, c’est cool.

Selon Le canard enchaîné, un chercheur français, Didier Raoult, lance un pavé dans la mare à propos de ces probiotiques, indiquant que ce sont les mêmes bactéries que celles utilisées pour activer la croissance des animaux. Du coup, le chercheur suspecte un effet de ces probiotiques sur l’obésité. Peut être à raison.

Brièvement, les probiotiques contiennent principalement deux bactéries, Lactobacillus et Bifidobacterium qui s’ajoutent à la flore intestinale, favorisant ainsi la digestion et la production de vitamines. Ce qui permet aux distributeurs de ces produits de présenter ça comme une alimentation « naturelle ». Mon œil : nul ne sait à quel point ces bactéries sont issues du génie génétique

Pour l’instant, il existe dans Nature un article publié dans la section correspondance (Nature 454, 690-691 – 7 August 2008). Il exprime l’analyse faite par Didier Raoult concernant l’utilisation des probiotiques. Si Nature décide de publier dans ses pages en 2008 ce type d’analyse, c’est qu’il existe déjà dans la communauté scientifique un courant de pensée similaire et que des études épidémiologiques, voire longitudinales qui tendent à prouver que ces probiotiques ont effectivement un effet sur l’épidémie d’obésité. L’article qui était prévu pour septembre 2009 n’a pas encore été publié. Monsieur Raoult ou al., prévenez nous dès qu’il le sera.

Cette annonce a été publiée dans les journaux en aout, et peu relayée par les médias, sauf par les blogs et wikio. Personne ne vérifie si l’information scientifique existe effectivement. J’ai regardé dans Nature : toujours rien !! Aujourd’hui, on sait à quel point l’information Internet peut être éloignée de la réalité et d’une compréhension raisonnée des résultats scientifiques qu’on nous propose. Lorsque la sphère scientifique rentre dans le champ sensationnaliste, l’information diffusée en avance peut être complètement contre productive, ce qui est précisément le cas pour l’info publiée par Mr Raoult : aujourd’hui, tout le monde ou presque s’en fout, avec les tenants du pour et ceux du contre (Bravo la petite fleur, bien sur !!), avec un débat de plus qui peut durer des années. Avec ces émissions de radio de type « service public » qui se posent la question, et qui font flipper le chaland à peu de frais. Autant un scientifique contrôle sa communication tant qu’il reste dans le champ scientifique, autant il comprend mal comment l’information qu’il diffuse peut avoir un effet sur ses concitoyens, combien même le savoir qu’il produit pourrait être utile.

En attendant … privé de probiotique, fiston ?

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11 commentaires »

  1. Il a une confusion sur l’intitulé de la revue. Il existe bien un éditorial (et non un article) signé Didier Raoult daté de septembre 2009 mais dans :
    Nature Reviews Microbiology 7, 616-616 (September 2009)
    Probiotics and obesity: a link?

    J’ai trouvé la référence en cherchant « raoult » sur nature.com
    Pas encoe eu le temps de lire l’article en ligne. Il faut ouvrir un compte ou accéder via une bibliothèque universitaire ou un labo.

    Commentaire par Thierry Koscielniak — 25 octobre 2009 @ 15:50

  2. suis ni Raoult, ni al. mais je pense que le pot aux probiotiques est par là :

    http://www.nature.com/nrmicro/journal/v7/n9/abs/nrmicro2209.html
    Probiotics and obesity: a link?
    Didier Raoult
    Nature Reviews Microbiology 7, 616 (September 2009) | doi:10.1038/nrmicro2209

    Commentaire par oldcola — 25 octobre 2009 @ 21:44

  3. Merci de la référence, il s’agissait bien de celle-ci. Après une lecture attentive, je remarque que la « lecture » de la situation expérimentale actuelle devrait conduire à plus de prudence de la part des distributeurs de probiotiques. Plus particulièrement, on utilise ce qu’on appelle des firmicutes dans les aliments pour animaux, et aussi dans les probotiques. Il s’agit d’un phylum (une grande « branche » de bactéries) dans laquelle on retrouve les lactobacilles susmentionnés. A ce propos, je n’y connais rien mais la mention de bifidobacilles n’apparaît nulle part dans ce phylum sur Wikipedia, quelqu’un pourrait éclairer ma lanterne ?

    Pour le reste, je n’ai rien à ajouter, mais je ne semble pas être contredit !!

    Commentaire par admin — 26 octobre 2009 @ 11:18

  4. http://microbewiki.kenyon.edu/index.php/Bifidobacterium
    Avec la jolie photo et tout !

    Pour le reste j’ai une remarque pour mon journal préféré : il y a un « pan sur le bec » qui doit être noté, et l’apéro dûment payé par le fautif qui a confondu « Nature » et « Nature Reviews Microbiology », rendant difficile la recherche du papier de D. Raoult.

    Commentaire par oldcola — 26 octobre 2009 @ 21:45

  5. Une question à part, pour satisfaire ma curiosité. Elle me vient en lisant :

    « Mon œil : nul ne sait à quel point ces bactéries sont issues du génie génétique »

    D’où est-ce qu’elle sort cette remarque ? Pourquoi s’emmerderait-on à manipuler ces ‘pauvres bêtes’ ? Non pas que ça me déplairait, mais le rationnel m’échappe.

    Commentaire par oldcola — 26 octobre 2009 @ 21:52

  6. Qu’est ce qui est le moins cher : sélectionner ladite bestiole, ou lui implanter des enhancers ? A mon avis, c’est la seconde option qui faudrait choisir. Moins cher parce que :

    les techniques et méthodes sont implantées dans les labos : plus facile à réaliser, juste un petit screening pour tester selon les critères voulus

    les gènes à implanter sont caractérisés, connus, voire déjà préparés pour la transfection

    c’est tellement mieux la technoscience !! Tu refuses ça, donc tu es passéiste.

    Sélectionner la bestiole coûte a priori moins cher, mais :

    Avant de tomber sur la bonne caractéristique, ça prend du temps, ou plus exactement personne ne sait si « on » aura de la chance. Temps=argent
    Eventuellement, le catalogue des bactéries qu’on veut contient peut être la bonne, alors là, ça coûterait moins cher, il suffirait juste de l’acheter. Mais n’oublions pas qu’il y a des droits industriels sur le vivant qui existent : pas le droit de faire se reproduire ces bestioles. Donc, il faut mieux avoir les droits sur la bactérie, car elle est plus rentable. Et rien de mieux de la créer, ou de la modifier, bref, voir point précédent.

    Je ne sais pas si c’est très rationnel, mais je doute fort que les calculs de rentabilité soient les mauvais. Quant aux problèmes religieux (à savoir se tourner vers le technosciences plutôt qu’une rationalité « à la papa »), ben la ya surement du travail à faire.

    Commentaire par admin — 27 octobre 2009 @ 11:23

  7. oh !

    Commentaire par oldcola — 28 octobre 2009 @ 23:37

  8. @oldcola

    Le journal Nature et les « reviews » du type Nature Reviews Microbiology sont édité par le même groupe NPG ( Nature Publishing Group)

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Nature_Publishing_Group#Les_revues_du_groupe_NPG

    Ce ne sera qu’un demi pan pour le Canard : il a confondu la revue principale avec une des déclinaisons spécialisées de ce titre

    Commentaire par alain21 — 10 novembre 2009 @ 17:07

  9. On ne peut pas en vouloir aux journalistes qui nous démontrent chaque jour, avec de nombreuses erreurs (des plus insignifiantes aux plus grotesques), que la science bien souvent leur échape. le problème dans cet article en l’occurence c’est beaucoup d’ignorance qui involontairement dissimule beaucoup d’information mais le bon papier accrocheur prime. L’information c’est quelque chose de très important à manipuler avec soin les gens ne vont pas toujours chercher des complèments ailleurs et accorde beaucoup de confiance à ce qu’on leur annonce.

    Et pour ce qui concerne les bactéries issus du génie génétique elle ne serait pas autant étudiées et convoitées par les industriels si elles n’avait pas tant d’intérêt on sélectionne ce qui nous convient supprime le reste et là ça donne des technologies bien intéressantes…

    peut être que je dis des bêtises je suis loin d’être un puit de science (esprit critique soyez toujours à l’affût c’est tout)

    Commentaire par Garcia — 16 novembre 2009 @ 23:10

  10. Absolument d’accord avec vous. On ne peut en vouloir aux journalistes. De façon générale, il existe des journalistes scientifiques qui sont malheureusement sous-employés, mais dont la spécificité (être à la fois journaliste et scientifique) est importante : elle leur permet de mieux vérifier l’information et surtout d’avoir un angle d’attaque quant aux informations qu’ils traitent.

    On peut regretter que les directions des journaux ne comprennent pas l’importance de ce genre de recrutement. J’ai l’impression qu’il y a de plus en plus de journalistes scientifiques dont le travail s’affine d’année en année. Il existe des quotidiens dont on sent bien que les journalistes qui traitent de questions de sciences ont cette spécificité, et d’autres qui ne l’utilisent pas.

    Dans ce contexte, les scientifiques qui « balancent » ce type d’informations brute n’ont pas à franchement parler de compréhension de cet état de fait. Il est très difficile pour le scientifique du Canard Enchainé (et d’autres articles de magazine) de travailler cette information, de la vérifier d’une part, et d’autre part d’en faire le recoupement avec d’autres, afin de présenter un papier réellement intéressant.

    Plus concrètement, lorsque Didier Raoult dit qu’il publie dans Nature Reviews Microbiology un article qui indique les possibilités d’une corrélation entre obésité et probiotiques, ça se transforme vite en « Les probiotiques rendent’ils gros ? Une publication dans Nature … « . Le débat devient alors une belle cacophonie, on perd son temps, certes le labo fait sa pub, mais c’est à peu près tout, et surtout, l’info ne peut rentrer dans la sphère démocratique, puisqu’elle est tronquée, déformée, et finalement ce n’est plus une information scientifique. Ce sont les scientifiques qui, par méconnaissance de la communication, n’en perçoivent pas les enjeux.

    Un autre article dans ce même blog s’intéresse à la façon dont est diffusée l’information au travers des chargé(e)s de communication. C’est une autre facette de la même problématique …

    Commentaire par admin — 17 novembre 2009 @ 0:07

  11. * YAOURTS ACTIVIA ET ACTIMEL*

    DANONE OBLIGÉ DE RETIRER SA PUBLICITÉ MENSONGÈRE APRÈS 15 ANS DE MATRAQUAGE ET DE DÉGÂTS Le « pavé dans le pot de yaourt » qu’a lancé Didier Raoult, chercheur français dans la prestigieuse revue scientifique « Nature » de septembre 2009 a fini par être payant.

    Pour le patron du labo de virologie de la Timone à Marseille, les yaourts et autres boissons lactées farcis aux probiotiques que l’on nous fait avaler depuis près de 20 ans auraient une grosse part de responsabilité dans l’épidémie d’obésité qui frappe les enfants.

    Les probiotiques que Danone ajoute à tout va dans divers yaourts sont selon les allégations de la marque assénées à la télévision, censées « booster » les défenses immunitaires.

    On en trouve plus de 1 milliard par pot d’Activia ou d’Actimel. Le hic est que ces bonnes bactéries « actives et vivantes », dixit Danone, sont les mêmes que celles utilisées depuis longtemps dans les élevages industriels comme activateurs de croissance pour faire grossir plus rapidement cochons et poulets.

    Un porc ainsi gavé de probiotiques, c’est plus de 10 % de gagné sur la balance. Danone pousse donc à « élever » nos enfants comme des cochons ou
    des poulets…. En fait, en début d’année, des chercheurs ont eu l’idée de comparer la flore intestinale des obèses et des non obèses. Et là, surprise, les premiers étaient bourrés de probiotiques – ceux qu’on trouve justement dans les yaourts « santé plus ». Didier Raoult commente : « On a autorisé pour l’alimentation
    humaine des activateurs de croissance utilisés dans les élevages, sans chercher à savoir quel serait l’effet sur les enfants ».

    Du coup, celui-ci a réclamé des études pour connaître le rôle précis de TOUS les produits lactés dans l’épidémie d’obésité infantile. En outre, il n y a pas que les enfants qui sont victimes de cette supercherie ; j’ai rencontré de nombreuses femmes potelées bien que sous alimentées, et qui cherchaient désespérément à
    maigrir en se limitant à quelques yaourts par jour plus quelques babioles. Et désespérante désillusion, elles continuaient à grossir, étaient de plus en plus fatiguées et fragiles, surtout en hiver où il est indispensable de se YANGUISER, alors que les yaourts sont hyper YIN.

    D’où l’article « Aigle moqueur » que j’avais passé dans «Pratique de Santé » sous le titre « DEVENEZ XXL AVEC DES YAOURTS » Finalement, les semeurs d’alerte indépendants ont fini par émouvoir les services officiels avant que le scandale n’éclate trop au grand jour. C’est ainsi qu’ils viennent de mettre la pression sur le groupe Danone, l’obligeant, selon les termes délicats des grands journaux « à revoir sa copie» (Un monstre comme Danone, çà se ménage…). Il faut tout de même réaliser que cela pourrait être un coup dur pour le lobby puisque les groupes Actimel Europe et Activia Europe pèsent ensemble > 1,5 milliards d’Euros sur un chiffre total Danone de 15 milliards, soit 10 %. Mais je ne me fais guère de soucis pour cette entreprise de tricheurs, car entre ses discrètes et adroites manoeuvres de retrait publicitaires et les addictions de beaucoup de consommateurs automatisés, il n’y a pas vraiment le « feu au lac », en attendant qu’on nous invente une autre « salade à la mode »

    *Marie-Ange ZWICKERT*
    Secrétariat Maintenance /Belle-Idée – Hôpital de Bellerive/
    Département d’Exploitation HUG
    Tel 022.305.42.19
    Fax 022.305.42.15
    marie-ange.zwickert@hcuge.ch

    Commentaire par actarus — 28 mai 2010 @ 9:56

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