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De la marge d’erreur des sondages comme argument marketing
Le 03 avril 2012 par "Diderot en verres miroirs"
est la mode en ce moment dans les médias : les sondages, sencézs représenter nos intentions de vote, nous narrent semaine après semaine pou qui la population française compte voter. Outre le fait qu’ils sont fluctuants, à l’image de nos opinions (jusque là, rien que de très normal), outre qu’ils ne représentent que nos intentions de vote, mais pas nos opinions politiques réelles (en avons nous réellement, au delà de nos petites velléités corporatistes, personnelles, familiales, et je veux avoir un emploi et le gouvernement s’y prend mal, mais ce candidat à la présidence s’y prendrait encore moins, bien, … et quelles que soient nos problèmes personnels), mais nos opinions médiatisées, celles même que nous nous créons sur la base de la lecture des médias.
Ce balancement bien compréhensible, entre notre responsabilité personnelle d’électeur, et notre vision d’ »homo mediaticus » influençable à merci, pensons nous, est bien représenté par ces mesures d’opinions : ce sont des opinions, mais pas de s choix. Ces agences de mesure de l’opinion font oublier cette chose pourtant évidente dans une démocratie : le votre de chacun, c’est une responsabilité, et pas juste une chose qu’on demanderait à faire un ou deux jours par an. On pourrait également critiquer le choix des questions proposées aux sondés, du genre « êtes vous pour ceux qui se disent pour ou contre ceux qui se disent contre ? » et autres billevesées, justifiées uniquement par d’autres disciplines comme la psychologie des masses par exemple. L’objectif de ces questions est de cerner au mieux une opinion qui reflèterait au mieux les intentions réelles de vote. Et ces sondages sont vendus aux commanditaires, de façon tout aussi évidente sur la base d’une véridicité, dont les preuves sont leur réussite apparente. On en oublierait presque les fondements de la statistique :l’existence de marges d’erreur. (Lire la suite…)
Science squattée
Le 19 mars 2012 par "Diderot en verres miroirs"
on, ce n’est pas une nouveauté : physique et Biologie sont deux disciplines scientifiques régulièrement squattées par des artistes pour utiliser leurs représentations, et en produire un message plus évolué … peut-être. On s’esbaudit d’ailleurs souvent sur ces positions car, du moment qu’on utilise ces représentations, on apparait tout de suite plus intelligent.
Là, c’est Bjork qui s’y colle ! Dans son clip/musique/iPhoneApp Biophilia (le nom annonce la couleur), elle raconte le ballet fou des chromosomes et de l’ADN, et leur reproduction de brin à brin, de génération en génération, de femme en femme, et au services d’une pensée Gaïaesque dont on se passe bien. Je suis un peu hors champ, là, parce qu’en fait, il ne s’agit pas de médiation des sciences, mais de travail artistique prenant pour support une médiation scientifique mal digérée ! Quant au travail artistique lui-même … Bjork a eu par le passé des idées plus lumineuses.
http://m.npr.org/news/front/147756106?page=0.
La tête au carré squattée
Le 09 mars 2012 par "Diderot en verres miroirs"
ous connaissez, bien sûr, « La tête au Carré », l’émission de vulgarisation de France Inter, qui, avec « Les petits bateaux » et « Sur les épales de Darwin », et d’autres sur France Culture, font de Radio France, Radio Science. Je ne reviendrai pas sur la mauvaise idée qu’on a de constamment ajouter une majuscule au mot science, mais, avec mes potes de Dijon « Le Microscope et la Blouse » dont j’ai déjà dit tout le bien ici, ceux là ne font pas trop dans le mauvais, même parfois dans le bon je trouve, même si tout dépend en fait, des invités, qui s’apprêtent comme des poules à parler comme des experts, ou non. Dans le second cas, ça devient tout de suite plus intéressant, car le dialogue entre le journaliste et l’interviewé devient alors plus chaud et plus rond. On regrette qu’une Pascale Clark ou Rebecca Manzoni feraient de ces interviews, mais bon, ne faisons pas la fine bouche et soyons contents que déjà quelqu’un de chouette s’y colle c’est pas facile comme ça, etc.
Il n’empêche, on ne me retirera pas de l’idée que ces deux filles là ajoutent un peu de poil à gratter dans les questions, un peu de poivre dans le son, un peu de vie dans les entretiens que peu ne font, bref, ça mettrait de la culture dans le potageet ça ferait du bien à al science avec un petit s, ses petites histoires, sa vie passionnante et celle de ceux qui la font … et la vivent.
Bref, tout ça pour vous dire : en ce moment, les étudiants des Master de Communication de Strasbourg et de Parsi se font une petite joute, en produisant des modules de cinq minutes environ, qui sont diffusés tous les jeudi vers 14h50. Ca c’est cool, parce que ça met de la nouveauté dans le traitement de l’info scientifique. Bien sur, les sujets sont parfois des marronniers, ou bien quantitativement insuffisants, ou bien … Il n’empêche, que ce soit pour Paris ou Strasbourg, le ton, la production sont parfois vraiment étonnants, des idées, des façons de faire, un je ne sais quoi de différent, qui laisse présager d’une nouvelle façon de faire du média de science.
Alors bien sur, on peut se dire aussi que c’est pas si différent, que les modèles vulgarisateurs ont la vie dure, que les modèles sociologiques de Baudouin Jurdant ne sont toujours pas d’actualité. On peut râler, on peut insulter leurs profs qui ne font pas leur boulot … On peut aussi voir le verre à moitié plein, considérer qu’on doit laisser en s’enthousiasmer du travail des jeunes, espérer qu’ils fouillent ces directions avec imagination et liberté. Les vieux … ils sont trop vieux !
Chasse en danger
Le 21 février 2012 par "Diderot en verres miroirs"
l y a longtemps que je ne m’étais pas fait d’ennemis … Ce petit post me permettra d’en ajouter à mon tableau … de chasse. Comme souvent, je réagis à des idées quasi reçues des médias. Aujourd’hui, la chasse aux bêtes nuisibles retient mon attention : régulièrement apprend-t-on, des sangliers ou des biches rentrent dans nos agglomérations et nos villes, et les habitants effarés trouvent des renards, des sangliers dans les rues de leur ville. La SNCF recense quelque 100 collisions entre motrices et bêtes sauvages. Les villes, pour se prémunir, rémunèrent des chasseurs dument diplômés et rémunérés afin de réguler la population animale sauvage dans son territoire, ou la SNCF elle-même aussi parfois, ou des terrains d’aviation.
On pourrait poser quelques hypothèses pour expliciter cette recrudescence. La première, ce serait que la population sauvage animale grandit. Et, de façon tout aussi intuitive, on se dit que, vu les mauvais humains pollueurs que nous sommes, ce n’est surement pas vrai ! La population des animaux sauvages ne peut que diminuer, et les l sont pour certaines presque mortes, comme les abeilles, ou les gentils hamsters alsaciens … Nous reparlerons de ces hamsters plus tard, mais pour l’instant, exit la surpopulation animale. (Lire la suite…)
Venus noire homme blanc
Le 07 février 2012 par "Diderot en verres miroirs"
oici un film dont j’aimerais sans aucun doute qu’il soit diffusé dans les festivals « Science et Cinéma ». Un truc incroyable, qui vous laisse pantelant émotionnellement parlant, plein de questions après le film, un film coup de poing de Abdellatif Kechiche dont je peux ici vanter l’intelligence, la sensibilité : un grand réalisateur !
Le propos de Monsieur Kechiche (Avec Que Des majuscules, j’y tiens) se situe au delà d’une vision moralisatrice de l’histoire. On pourrait pourtant, en racontant l’histoire de Saartjee Baartman, femme callipyge dotée en sus de petites lèvres génitaux inhabituellement développés, que Cuvier appelle « Tablier Hottentot », se complaire dans l’autoflagellation culturelle et dire, contre Guéant, qu’on a pas à être fier de notre civilisation : ce serait vrai, mais très insuffisant. On pourrait faire pleurer dans les chaumières sur la honte d’appartenir à la même espèce que des hommes frustres et violents qui conduisirent, voici deux siècles, une femme qu’ils prenaient pour une presqu’animale, à la déchéance et la mort. On pourrait se flageller encore un peu plus en montrant comment la science peut être aveugle et mauvaise quand elle n’a point de confiance, et patati et patata …
Seulement voilà : ce film ne se complait pas là dedans. Il décrit plutôt les rouages de la pensée collective, de la façon dont une société construit, chez les savants et chez les ignorants, chez les riches et chez les pauvres, une image collective de la négritude. Car Saartjie Baartman (ou Sawtche) est un symbole et déclaré tel : auscultée, puis découpée après sa mort, conservée dans des bocaux, moulée, et reproduit aussi fidèlement qu’on en était capable, elle représentait la négritude du début du XIXème siècle jusqu’au milieu du XXème. Et il aura fallu attendre la fin de l’Apartheid pour que le gouvernement sud-africain réclame à la France sa dépouille, puis dix ans encore pour que cette dernière accède à cette demande. Comme s’il était si difficile de se débarrasser de ces fantômes colonisateurs et culturels. L’image de Sawtche, si elle représente la négritude vue du coté occidental, définit aussi notre culture coloniale. (Lire la suite…)

